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 Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann

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Cristina Boyle Pheles
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MessageSujet: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Dim 15 Jan - 19:24

ft. Hans
Always take a beer after a fight, and celebrate your victory

Always take a beer after a fight

Les vitrines des magasins s’illuminent de toutes les couleurs. Il y a le rouge des robes dos-nus. Le bleu des guirlandes dans les arbres le long des Champs-Elysées. Le vert des sapins plantés un peu partout. Le blanc, enfin, neiges synthétiques, faites de paillettes ou de coton, soufflant doucement sur une pile de pull dans telle boutique, formant de petits paquets près d’une paire de ski flambant neuves dans une autre. La magie de Noël continue d’opérer à Paris, et tu ne peux résister à l’affût des touristes venus des quatre coins du monde afin d’admirer les Galeries et leurs animations ravissant petits et grands, s’agglutinant près des vitrines afin de voir le spectacle de plus près. La nostalgie t’envahie lorsque tu poses à ton tour ton regard sur les peluches dansantes – pingouins et manchots se tenant la main, ours surpris dans leur slow, baiser volé de deux jeunes esquimaux entre deux pas de valse – alors que tu te rappelles ton premier Noël à Paris, en compagnie d’Hélena. Tu es revenue cette année faute de clients à Nice pour t’y retenir, mais aussi poussée par un excès de sentimentalisme qui ne te ressembles pas et auquel tu n’as pas su résister. Te voilà, seule, tout ton corps serré dans une immense doudoune à capuche bordée de fausse fourrure, en train de regarder la féérie des fêtes se prolonger jusqu’aux ultimes jours de soldes, chiffre d’affaire oblige. Te voilà, seule, plongée parmi une foule d’inconnus, tous venus en famille.

Famille… Cela fait si longtemps que tu ne sais pas ce que ça veut dire. Il y eut un moment de répits – si bref ! – en la personne de Andrew Pheles, mais tu n’avais osé le recontacter depuis ta fuite. Tu étouffais, à l’époque, coincée entre ces quatre murs avec toutes cette marmaille adoptée année après année. Andrew était un vieux colosse à la voix forte et aux colères retentissantes, un vieillard retraité de la Marine, un vieux schnoc, mais il n’en restait pas pour autant l’être le plus humain que tu n’aies jamais rencontré de ta très courte vie. Et surtout, l’homme qui ne t’avait jamais lâché et qui avait toujours cru en toi. Tu t’en voulais d’être partie sans rien lui dire, mais il fallait que tu voles de tes propres ailes. Que tu voyages. Que tu retrouves tes origines. Que tu saches qui tu étais à part une énième orpheline dans une famille trop nombreuse aux multiples origines. Il n’avait jamais cherché à te contacter. Mais tu n’y voyais pas là une preuve de son détachement, ou de sa rancœur contre toi, fille ingrate. Plutôt une acceptation, un « vas-y ma fille, je suis avec toi » qu’il avait l’habitude de te dire avant chaque compétition. De te repasser ces mots prononcés de cette voix rauque, profonde, sentant le tabac et le café chaud te fait presque pleurer. La magie de Noël des Galeries prend un goût amer et tu te dépêches de céder ta place à une bandes d’enfants tenus fermement par la main de leurs parents. Au plus tu t’éloignes, au plus le monde semble comme disparaître devant toi, remplacé par des images du passé t’envahissant. C’était toujours le même cirque lorsque tu reviens à Paris. Les rues, les magasins, les cafés étaient remplis de visages que tu avais croisés, avec qui tu t’étais liée plus ou moins profondément. Des gens que tu aimais à une époque, pour certains que tu aimes encore, mais avec qui tu avais coupé les ponts lors de ton brusque départ à Nice. Tu crois qu’on appelle ça « trouble de l’attachement », et que tu nommes « mon démon », avec ce sourire triste au coin de tes yeux. Ce démon qui te poussait à changer d’air, à t’isoler, à ne rien dire à personne. Jamais une confidence, toujours de l’assurance, telle était ton mot d’ordre. Tu regrettes, encore une fois. Tu regrettes. Cependant, il te faut avancer, Cristina, alors c’est ce que tu fais, pas après pas, traversant des trottoirs quasi vides au fur et à mesure que tu t’éloignes des artères principales. Tu aimes bien cela, vagabonder, te sentir libre, ne penser à rien d’autre qu’à marcher sans but précis, sans idées derrière la tête, sans rendez-vous à honorer. Pas de contrainte. Juste tes jambes et l’envie d’aller plus loin. Ne jamais rentrer.

Il fait déjà noir, et tu dois te rendre à l’évidence que, malgré tout ce temps passé dans la capitale – il y a déjà un certain nombre d’années, certes – tu t’es perdue. Là, dans cette avenue un peu populaire flirtant entre Montmartre et le 93, tu t’es perdue. Tu repères deux trois enseignes, dont une pharmacie et un cordonnier, fermées à cette heure avancée, puis une supérette, encore ouverte. Sans doute une de ces épiceries arabes vendant un peu de tout et doublant ses tarifs dès 20 heures sonnées. Tu trouveras de l’aide, ou au moins un paquet de chips et une bière, de quoi tenir jusqu’à ton retour dans le monde de la civilisation. Tu te rapproches de ton but, huée par des « Chintoc », « Nihao » et autres conneries si connes et si souvent répétées qu’elles n’existent pratiquement plus à ton oreille ; juste du bruit blanc n’ayant strictement aucun sens. Peut-être est-ce pour cela, ton manque de réaction, qu’un jeune, grand, et sa bande de stupides petits macaques caquetants comme des poules au milieu d’un poulailler, ce coq, donc, entouré de ses femelles aux couilles disparues, tous labellisés de la tête aux pieds « PSG Saint-Germain » (même leurs slips, qui sait), te crache dessus. Littéralement. Un beau mollard atterrissant sur la capuche de ta doudoune.

Moment de silence. Moment flottant avant que les singes se mettent à crier et à hurler de rire. Moment de calme avant la tempête. Deux secondes exactement. Puis trois que tu emplois à 1) coup de genou dans l’entrejambe, 2) coup de poing dans le ventre, 3) coup de tête dans le nez. Hurlement, les singes se taisent et tu les en remercies pour ton mal de crâne naissant à cause de la vitesse de propulsion lors de l’impact. Tu les foudroies tous un par un du regard et ils te le rendent. L’ambiance se fait électrique. Tu es tentée d’en rester là et de te casser, histoire de ne pas rameuter les flics – tu voyais déjà les gros titres, « Cristina Boyle Pheles, ancienne médaillée olympique, accusée de violence gratuite » – mais les beuglements de ton assaillant te donnent envie de l’assassiner.

« Mon nez ! Tu l’as cassé ! »

Tu n’es pas experte, mais pour avoir déjà vu nombre de nez cassés suite à une mauvaise chute, tu sais qu’il n’en est rien dans le cas présent.

« Ca t’apprendra à cracher sur des femmes, lui lances-tu.
- Connasse ! Tu sais pas ce que tu vas te prendre...
- Certainement pas ta queue, vu la taille de ton froc ! (tu remercies mentalement Hélena de t’avoir appris un si riche vocabulaire et de te permettre de balancer quelques perles à la gueule du jeunot).
- Conasse !
- Si tu connais que ce mot-là, on va peut-être arrêter notre rencontre. Tu sais pourquoi ? Parce que j’ai peur que ta connerie me contamine, et ton manque et de civisme, et de vocabulaire. Retourne apprendre ton alphabet, gamin ! »

Doigt d’honneur concluant le tout – tu n’avais pas été élevée à l’anglaise pour rien – et tu te retournes, quittant les lieux de la confrontation. Etrangement, les macaques ne cherchent pas à te suivre. Tu ricanes en les imaginant se protéger les parties de peur que tu t’en prennes à eux, aussi. Quels connards, vraiment ! Oups… on dirait bien que ton agresseur avait déteint sur toi.

Supérette atteinte, plus aucune remarque sur ton passage durant la petite minute de marche – comme quoi, les joutes verbales à s’enrouer la voix était ce qu’il y avait de plus pratique pour se faire respecter/craindre/soumettre les autres – et enfin, enfin ! tu remarques le rayon des bières. Bières ! Oh précieuse alliée… Parce que crier, c’était bien, mais ça donnait soif. Vite, tu te rapproches et commences à détailler chaque étiquette à la recherche de ta petite pépite, découverte dans cette ville, par Hélena, des années auparavant. Un bar d’apparence miteux, des cocktails de toutes les couleurs, un happy hour estudiantin et l’envie de ne faire comme personne et de prendre une bière. Et quelle bière… Mais pas pour ce soir, la supérette étant en rupture de stock. L’étiquette est bien collée sur la barre des prix, mais pas la moindre canette en vue. La déception monte en toi comme un bouchon de champagne sur le point d’être ouvert. Demander, peut-être ? Oui, cela semble une bonne idée.

Tu te diriges vers la caisse sans client, remarques le jeune caissier occupé sur son téléphone, l’interromps d’un « hum, hum » signalant ta présence, et tu lui lances de go, n’attendant même pas qu’il se retourne :

« T’aurais de la Leffe Rubis ? »

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Hans Ackerman
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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Lun 16 Jan - 1:15


► Always take a beer after a fight, and celebrate your victory◄
feat. Cristina Pheles



Quatre jours….

Quatre putain de jours depuis que l’on m’a arraché Thomas. Depuis qu’on me l’a envolé, volé, kidnappé… Appelez ça comme vous voulez m’en tape. Quatre jours que ma vie s’est arrêtée. J’ai l’impression que l’on m’a arraché une partie de mon cœur avec une petite cuillère. La douleur… Le manque…. Même la mort de mes parents m’avait paru moins difficile. Parce qu’il y avait Thomas et que je n’étais pas seul à devoir affronter ça…

Quatre jour…. Je revois sans cesse les éléments qui se sont succédés ce dimanche-là. Notre retour d’avion, nos chamailleries sur le canapé, la porte que j’ouvre et la tronche d’Olaf avec son sourire vicieux. Je revois Thomas pleurer, ses larmes se mêlant aux miennes quand je comprends que c’est terminé, que je ne peux rien faire pour éviter l’inévitable. Je sens encore les flics me retenir de toutes leurs forces alors que je m’élançais en avant pour attraper Thomas. J’entends ses cris faire écho à mes hurlements. Je revois sa main se tendre vers la mienne. Nos doigts se sont touchés une dernière fois avant que l’on nous sépare définitivement, chacun tiré dans une direction opposée. Thomas disparait dans les escaliers…. Ses yeux dorés remplis de larmes et son visage ravagé par la tristesse, tout comme le mien

Quand les flics m’ont finalement lâché, ils m’ont regardé avec leur gueule pleine de pitié. J’avais envie de leur fendre le crane contre le plancher à ces enfoirés ! Ils n’avaient aucune conscience du mal qu’ils venaient de faire. Ackerman Olaf n’est qu’un fils de pute violent et brutal doublé d’un père indigne qui s’en fout de son fils ! Et c’est lui qui a la garde officielle de Thomas ? Il va le tabasser dès que j’aurai le dos tourné ! J’en met ma main à couper et rien que d’imaginer la scène n’ai envie de gerber !

Je crois pas avoir pleuré autant que ce dimanche soir… je ne savais même pas que j’étais capable de chialer comme ça. La voisine du dessous est venue me voir, elle était dépitée…. J’arrive même pas à lui en vouloir à cette pauvre vieille… Elle nous a toujours connu, elle a vu Thomas grandir, c’est un peu comme sa grand-mère…. Quand elle a entendu les cris chez nous, elle a appelé la police en pensant bien faire, afin que les flics se débarrasse de ce mec qui nous dérangeait…. Et au lieu de ça, Olaf et tous ses papiers légitimes ont eu gain de cause…. Thomas a été forcé de le suivre…

Quatre jours…. Je n’ai même plus envie de rentrer à l’appartement. Il y fait trop noir, trop vide, trop silencieux…. Le fantôme de Thomas est partout. Je le revois sur la table du salon à faire ses devoirs. Il a pourtant un bureau dans sa chambre mais non, il faut toujours qu’il fasse ses devoirs sur la table du salon… Et je sais que la raison principale est pour qu’on soit ensemble, que je l’aide ou que je sois pas loin dans la pièce….

Je revois Thomas se glisser dans mon lit la nuit quand une de ces redoutables crises le réveille en sursaut. Il me dit faire des cauchemars, entendre les cris d’un homme et les chants d’une femme… J’y pige rien mais je le laisse pioncer avec moi, ça le rassure et lui fait du bien

La chambre de Thomas…. Je n’arrive pas à y refoutre les pieds. La porte est grande ouverte et j’ai mal au cœur dès que je passe devant. Il n’a même pas pu prendre ses affaires… Rien…. Sa valise qu’il a utilisé pour le Grand Prix est encore là, prête à repartir. Son sac de sport est posé dans un coin… il n’a même pas ses patins…. L’espèce de vieux cousin hideux et puant qui lui servait de doudou quand il était gosse est posé au pied de son lit. Il ne l’utilise plus mais refuse que je le foute à la poubelle… J’ai jamais compris pourquoi il s’encombrait d’une telle merde…

En quatre putain de jours je crois être passé par tous les états. J’ai pleuré jusqu’à l’épuisement complet, j’ai été en colère, j’ai été déprimé, j’ai voulu en finir, j’ai voulu tout détruire…. Mes nuits ressemblent à des cauchemars interminables et je passe mes journées à attendre un putain de signe de vie de la part de Thomas. Un message, un appel, n’importe quoi ! Mais mon téléphone de merde reste muet… Rien… je ne sais même plus combien de messages j’ai envoyé sur le téléphone de mon petit frère. Plus d’une centaine, c’est certain. Je ne sais même pas où ce salopard l’a emmené ! Si seulement je savais, j’aurai peut-être pu aller le récupérer…. Mais où ? Je vais pas ratisser toute la France à l’aveugle

Des recherches ? Bien sure que j’en ai fait ! Je me suis pas branlé toute la journée ! J’ai emprunté le téléphone d’un collègue pour aller sur internet avec. Vous savez combien il y a de Ackerman en France ? BEAUCOUP TROP !!! Et parmi toutes ces têtes de cons qui sont mes homonymes je n’ai pas trouvé un seul gland répondant au doux prénom de Olaf….

Qu’est-ce que tu fais Thomas ? Où est ce que tu es ? Est-ce que tout va bien pour toi ? Ton connard de père n’est même pas au courant pour tes crises d’angoisses…. Si t’en fait une, comment il réagira ? J’ai peur… Je suis tétanisé à l’idée qu’il ose lever la main sur toi. Je suis horrifié à l’idée qu’il te maltraite comme autrefois… Et je suis impuissant, prisonnier de mon incompétence à avoir pu te sauver. Je me déteste… Je me hais tellement… Si je n’avais pas eu encore l’infime espoir de te revoir je pense que j’aurai achevé ici ma vie minable.

Au lieu de ça j’ai pris le pli de vouloir me battre. Je ne veux pas t’abandonner ! Jamais ! Je ne sais pas où il t’a conduit mais je vais te retrouver et lui faire payer au centuple. Même si je dois retourner tout Paris, toute la France, l’Europe ou la terre entière. Je jure que je réussirai à te retrouver ! Quand ça sera fait on plaquera tout et on se tirera loin d’ici, loin de lui, loin de cette saloperie

Mais pour réaliser ça il me faut de l’argent… encore et toujours ! Alors même si je ressemble à un zombi je suis retourné bosser dans la supérette. Et puis je vais reprendre les «  extras » aussi. J’ai horreur de ça et ça me file la nausée mais ça paie plutôt pas trop mal… Tant pis si je dois me fader des vieilles salopes… des vieux vicelards… des détraqués ou des dégueulasses… Je suis plus à ça prés et j’endurerai tout pour retrouver Thomas. Et puis…. Il y a Simon aussi… il est pas trop chiant lui… il est même … plutôt gentil. Dés que j’aurai assez de thunes pour me tirer je le ferai. Il faudra que je pense à le dire à Simon… ça fait des années qu’il me baise, je pense pas que la nouvelle le fasse bondir de joie. Et aussi étrange que ça puisse paraitre, ça sera peut être la seule personne qui me manquera à Paris. Je dois être foutu moi aussi… Syndrome de Stockholm… je vois que ça…

La journée à la supérette a été interminable. Mon patron n’est pas trop chiant, ca va. Mais ma gueule l’a inquiété. Entre mes joues creusées et mes cernes opaques il faut dire que je ne peux pas lui jeter la pierre…

Quelle journée de merde. Livraison le matin, j’ai le corps en compote et l’impression qu’un semi remorque m’a roulé dessus. Je fini la journée à la caisse, le pose que je déteste le plus parce qu’il faut supporter la clientèle et que je n’ai aucune envie de leur parler, de faire semblant d’être aimable ou même de les aider à trouver ce qui se trouve sur les rayons sous leur putain de nez. Mais c’est comme ça, les clients. Il faut tout faire pour eux. Limite faut leur foutre l’article dans leur panier et leur tenir la queue quand ils vont pisser ! Des moutons… des incapables, des assistés….

Et ce putain de téléphone de merde qui reste silencieux ! J’en deviens parano à la fin. J’ai vérifié vingt fois si Thomas était parti avec le sien et n’ayant rien trouvé à la maison j’en ai déduit que oui. Mais pourquoi il ne répond pas alors ? Il a toujours répondu à mes messages dans l’heure ! Et là plus rien depuis quatre jours ! J’ai vérifié ma batterie, mon réseau, je suis allé dans une boutique de téléphonie où j’ai attendu deux heures pour me faire entendre dire «  non, il fonctionne parfaitement votre appareil ». Alors pourquoi j’ai pas de massage ! pas de signe de vie ! Je commence à comprendre ce que ressentent les parents dont les gosses est victime d’enlèvement…. Ne pas savoir laisse place à l’imagination… et c’est horrible de constater à quel point mon imaginaire peut être cruel. J’ai imaginé tous les scénarios catastrophes possibles en me répétant que non, Thomas allait forcément bien.

J’étais encore en train de vérifier pour la millième fois depuis ce matin si je n’avais rien reçu sur mon téléphone quand une voix m’interpella.

«  hum hum »

Je ne relève pas la tête pour autant. La cliente s’exprime

« T’aurais de la Leffe Rubis ? »

Je soupire. Si si tiens j’en ai de ta bière de merde ! Je vais te la sortir de dessous ma caisse ! Qu’est ce qu’elle croit ! Je fini d’écrire un ultime message à Thomas tout en répondant sans lever le nez de mon écran. Que ça lui plaise ou pas j’en ai rien à carrer

« Si y en a plus dans le rayon c’est qu’on est en rupture »

Et parce que j’y suis bien obligé quand même je relève la tête vers elle. Je me fige. Elle !!!! Mais qu’est ce qu’elle foutait à Paris ? Je croyais qu’elle était partie se dorer la pilule sous les cocotiers méditerranéens. Vu la blancheur de sa peau, le bronzage n’était un succès.

Mais qu’est e qu’elle foutait là ? C’était quoi son nom déjà ? Cristina… ha voila c’est ca… une de mes clientes récurrentes qui, par la force des choses et d’un hasard à l’humour déplacé, est devenu entraineur pour mon petit frère…

« Toi ? »

Décidément je m’en remettrai pas. J’en lâche même mon téléphone. Le piaffe d’agacement avant de le ramasser et de le ranger précieusement dans ma poche. Ce petit appareil est le seul et unique lien qui me reste avec mon frère, c’est donc ce que j’ai de plus précieux sur cette terre

« Qu’est-ce que tu fous à Paris ? je croyais que tu reviendrais pas dans cette ville… c’est pas ce que tu as dis quand tu t’es tirée ? »

Finalement je me lève. Je lui fais signe de me suivre pour aller malgré tout voir s’il y a pas une bière perdue dans le rayon. Ma bonté d’âme me perdra….mais il y a rien du tout… tant pis pour elle

« On en a plus…. Mais y a des supers bars dans le coin qui seront ravi de t’en servir des biens fraiches comme tu les aimes »

Je baisse la tête pour regarder la montre à mon poignet gauche. J’ai fini mon service dans cinq minutes. Ma collègue qui prends le service de nuit me fait signe comme quoi je peux y aller.

« T’as pas une clope à me dépanner ? »

Ouais je l’ai pas vu depuis des années et j’ose lui taxer une clope. Et alors ? ça vous dérange ?

Je fais un signe de tête pour désigner la collègue qui vient de me reprendre.

« J’ai fini de bosser… T’as du temps pour aller boire un verre quelque part ? »



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Dernière édition par Hans Ackerman le Mar 17 Jan - 10:18, édité 1 fois
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Cristina Boyle Pheles
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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Lun 16 Jan - 15:26

ft. Hans
Always take a beer after a fight, and celebrate your victory

Always take a beer after a fight

Tu acquiesces silencieusement de la tête. Tu attends qu’il ait rassemblé ses affaires, achetant au passage un paquet de chips et une barre chocolatée, puis vous vous mettez en route. Le début de votre périple se fait sans qu’un mot ne soit échangé, à mettre sur le dos de la surprise et de la gêne due à des retrouvailles qui n’étaient pas prévues. Toi en particulier n’aimais pas spécialement être réunie avec ton passé que tu essayais la plupart du temps de fuir, si tu ne lui courais pas après. Il n’y avait que le bruit de votre respiration commune lorsque vous rejetiez de longues volutes argentées, s’en allant en se mêlant, s’envolant et atteignant les nuages, tout là-haut. On pouvait vous suivre à la trace rien qu’à l’odeur du tabac, fort, des anglaises sans filtre. Suicidaire ? Non. Mais lorsqu’on sait qu’on est voué à mourir, autant le faire en ayant abusé de tout. Du moins était-ce là un autre de tes credos. Combien en avais-tu ? Assez pour remplir la bibliothèque secrète du Vatican, et la BNF si l’on cherchait bien.

Tu ne peux t’empêcher de lancer des coups d’œil discrets vers Hans. Son physique, bien qu’uniforme et agréable à la vue, ne t’attirait pas spécialement – un comble lorsqu’on pensait que tu avais utilisé ses « services » plus d’une fois. Tu souris lorsque ton regard suit les courbes délicates de ses joues creuses, le menton volontaire et le front un peu plus proéminent que la norme. Les mêmes cheveux coupés courts d’un noir profond, aux éclats d’un brun doux, presque roux au soleil. Ses yeux scrutateurs, deux perles sombres et directes, toujours dans la confrontation, même au lit. Ses mains de pianistes, longues, aux doigts de femme et aux ongles à ras de la peau, parfois rongés. Et là s’arrêtait la description, ses habits cachant le reste, c’est-à-dire le principal : un torse aux muscles fins mais présents, des bras aux veines saillantes, des jambes fuselées, des pieds toujours chauds… Et cette peau, ni dorée, ni olive, mais d’une jolie teinte que tu t’amusais à faire danser au soleil lorsqu’il dormait. Hans était toujours le même, et pourtant tu pouvais sentir qu’il avait changé. Sa voix bourrue de garçon mal élevé – juste un genre qu’il se donnait, comme toi, pour ne pas être emmerdé – t’avait parue un chouia trop agressif, même pour lui. Les épaules relevées, le menton rentré, cette posture d’auto-défense alors qu’il ne faisait que répondre à une demande d’un client. Hans était sous pression. Quelque chose dans son existence actuelle n’allait pas. Vous passez sous un réverbère et la vérité te saute au visage : il ne dort plus, ou peu. En attestent les cernes épaisses, poches béantes sous ses yeux, lui donnant une allure de panda, mais pas le style doux et gentil. La sérénité de grand-frère que tu lui connaissais, la bienveillance certaine qu’il avait eut pour toi – peut-être avec toutes ces clientes, mais avec toi, tu en étais sûre – avaient disparue, remplacée par une mine d’enterrement et de profonde haine. Un instant tu te demandes s’il va te sauter à la gorge et te tuer, là, dans cette ruelle noire, et laisser ton cadavre pourrir. Oui, c’était ce que dégageait son aura, cette colère si forte qu’on ne pouvait que se sentir mal à l’aise en sa présence, une aura pesante, froide, meurtrière.

Tu presses le pas, le vent gelé et l’agressivité du jeune homme te congelant sur place. Heureusement, ta bonne étoile veille sur toi et tu retrouves assez facilement une des grandes artères de la capitale que tu suis jusqu’à te retrouver et savoir où emmener cette boule d’émotion en fusion te servant de compagnon de beuverie. Ou pas, d’ailleurs, le jeune homme peut-être pressé de rentrer chez lui et de casser la gueule à quelqu’un.

Le Blue Whale était un bar quelconque si l’on s’arrêtait à son seuil. Deux fûts de tonneaux remplissaient l’office de déco, pas de plante verte, et un maigre tableau noir pendu au mur où s’affichait le prix des consommations n’étant ni plus ni moins chères qu’ailleurs. Il fallait vraiment s’intéresser à la poignée de la porte et au bonnet bleu nuit du videur, à son sourire menaçant et ses gros bras qu’obligeait sa fonction pour savoir qu’on tombait sur une perle, un temple digne de ce nom érigé par un Irlandais et un Breton, des celtiques, donc ; une poignée de porte en forme de queue de baleine, toute petite et si minutieusement gravée qu’on aurait pu la faire figurer parmi les œuvres du Louvre. Tu fais signe au videur – était-ce Louis ou Viktor, ce soir ? – de vous ouvrir, et ce dernier s’exécute sans un mot. Bonjour l’ambiance. Mais sitôt un pied posé sur les parquets couleur miel, étonnamment chaleureux et propre pour un lieu ne vivant que la nuit, qu’une forte voix se fait entendre.

« Jesus is back ! »

Tu souris malgré toi et laisse le minuscule bonhomme, Patrick O’Conor, co-gérant du bar, venir te serrer la pince. Un nain, un minuscule nain, chauve et toujours habillé comme un vieux marin avec marinières, bottes jaunes et anneau en véritable argent. Tu l’avais tout de suite aimé, sans savoir pourquoi, sans doute parce qu’il était un exilé, comme toi, en manque de son pays natal qu’il avait transposé ici, dans cette espèce de grotte aménagée tel un vaisseau avec force décoration, quoique sobre. Un bar qui, dès l’entrée franchie, vous transposait dans une autre époque, celle des grands voyageurs, celle de Moby Dick, aussi.

« So, what’s up, sweety ? Heart broken ? Did you left someone in Nice and came back as soon as possible to cry in my lovely arms? And who’s that with you? A fair and good-looking gentleman? Does he drink coffee? Irish, of course! “

Il part dans un grand éclat de rire, te bombardant d’un anglais à fort accent irlandais, plaçant parfois un ou deux mots incompréhensibles que tu savais être du gallois, ou quelque chose dans le genre, puis vous fait signe de vous asseoir, enfin.

« So, you always drink that thing, right ? Awfull, darling, awfull thing… Et pour vow, Monsieuurrrrs, c’est quoi qu’on vow seur?
-Tu prends quoi? Tu traduis, t’attirant un regard noir de Patrick. Malgré tout ce temps passé en France, sa diction laissait encore à désirer. »

Tu attends que Hans passe commande puis tu enlèves ta veste, retrousses tes manches et sors une deuxième cigarette que tu cales entre tes lèvres. Le secret le plus jalousement gardé du Blue Whale, un temple où la cigarette à l’intérieure était autorisée, malgré toutes les lois érigées par le ministère de la Santé. Une infraction sévèrement punie, mais Dieu veillait apparemment à ce que la justice n’attaque pas ce bar qui échappait toujours au système Jusqu’à quand… Autant en profiter jusqu’à ce que ça dure.

« Cigarette ? tu lui proposes, lui tendant le paquet. Bon, maintenant qu’on est installé, dis-moi un peu qui est mort cette semaine. Ou qui te fait chier. Si c’est une nana, je peux rien pour toi. Mais si c’est un gars, j’ai une paire de docs à clous dans mon placard, tu sais, qui attendent de servir. Juste, donne-moi un nom et on ira faire une ptite virée, toi et moi, entre viock. »

Ce n’était pas ton style de parler autant, mais à situation extrême, mesure extrême. Tu comptais bien faire comprendre à Hans que son silence te gênait et que tu étais là, si besoin. Tu savais qu’il serait du genre à te dire merde, et si c’était le cas, tu te préparais à l’encaisser sans broncher.

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Hans Ackerman
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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Mar 17 Jan - 0:49


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Ce qu’il y a de bien avec cette fille c’est qu’elle est pas du genre à l’ouvrir pour rien dire. Pas comme les trois quarts des autres nanas que je connais. Elle, elle va droit au but et si elle a rien à dire elle la ferme. Sage décision. Et j’apprécie son silence même quand elle ne répond pas à mes questions. Ça m’évite d’avoir à parlementer à mon tour.

Je prends la clope qu’elle me file gracieusement et je sors de la superette. Elle va payer ses deux trois cochonneries qui vont lui couter les yeux de la tête. Je la regarde. Elle fait ce qu’elle veut je m’en tape c’est pas ma thune. Et puis elle doit pas être si dans la merde que ca… Elle était du genre à payer pour se faire sauter alors bon… j’imagine qu’elle n’a pas mieux trouver pour dépenser son pognon.

Je porte la cigarette à mes lèvres et fouille dans la poche de ma veste pour trouver un briquet. Ce qu’il a de bien chez moi c’est que j’ai toujours un briquet mais jamais de clope… A quoi bon aller payer un paquet quand on arrive toujours à trouver une âme charitable pour te dépanner ?

Je tousse. Elles sont fortes ces clopes putains ! Que la retire de mes lèvres et je la regarde avec suspicion. Je tousse encore un peu alors que la fumée s’est immiscée dans mes bronches pour les intoxiquer de toute la force de sa nicotine amère. Ca fait mal et ça fait du bien à la fois. Etrange sensation…

Finalement elle me rejoint. Je dis rien. Je continue de fumer tranquillement à ses côtés. Je ne sais pas où on va et je m’en balance d’une force incroyable. Je ne lui ai pas proposé d’aller boire un verre pour parler du bon vieux temps. Je vois pas trop ce qu’on aurait à se raconter de toute façon… Elle a été ma cliente un sacré paquet de fois. Et oui c’est moins pire avec elle qu’avec toutes les autres salopes qui m’ont appelé. Cristina… C’est une fille bien. J’avais une certaine forme d’affection pour elle. J’avais l’impression qu’on se ressemblait un peu… On a dans le regard cette même lueur qu’on tous ceux que la vie n’a pas épargné. C’est peut être pour ca qu’avec elle, c’était un peu différent… Puis elle est devenue l’entraineuse de Thomas après…. Ha…. Voila…. Mon cœur se serre une nouvelle fois en pensant à lui.

Mon portable est enfoncé dans ma poche et je n’ai même plus besoin de le sortir pour savoir que je n’ai aucune réponse de sa part. Mais qu’est ce que tu fais Thomas ? Pourquoi tu me répond pas ? J’en peux plus d’être dans le vague et d’imaginer tout et n’importe quoi. Ma nouvelle angoisse préférée est qu’on frappe à ma porte pour m’annoncer ton décès. Tout comme on avait frappé à la porte de mes parents pour annoncer la mort de ta mère…. Putain… J’en peux plus de cette attente infernale… J’ai besoin de savoir, d’avoir un signe, un appel, n’importe quoi…. J’ai surtout besoin de lui, de Thomas… Besoin de voir ses yeux émeraudes… besoin de voir son sourire, de l’entendre me dire des conneries plus grosses que lui… Besoin de le sentir me coller quand je suis dans le canapé. Besoin de ses critiques quand je fais à bouffer. Besoin de ses moqueries quand je mets un foulard dans mes cheveux pour faire le ménage…. J’ai besoin de tout ca…

Si je n’avais pas eu une confiance totale en Thomas j’aurai été en droit de me demander si lui avait besoin de moi…. Son silence n’aurait fait que me conforter un peu plus dans mon raisonnement désastreux…

Finalement j’ai fini de fumer ma clope et j’ai laissé le mégot tomber par terre avant de l’écraser. L’écologie ? Parce que vous croyez vraiment que j’en ai quelque chose à foutre de la planète, des arbres, de la pollution, des bébés phoques et de la fonte des glaces ? Si je fout le mégot dans une poubelle ca m’aidera à retrouver Thomas ? Non ! Alors par terre c’est bien aussi ! Et puis je fais ce que je veux putain, mêlez vous de votre cul !

Je relève la tête et vois que l’on est arrivé devant un espèce de bar. Vu la déco extérieure je dirai que ca pue le pub irlandais… C’est pas le genre d’endroit où je mets les pieds. Je sors jamais dans les bars de toute façon….

Je la suis et on va sur une espèce de comptoir. En temps normal mon regard curieux se serait posé un peu partout pour scruter l’endroit dans lequel elle m’a conduit. Mais là, honnêtement, j’en ai strictement rien à foutre. Ca pourrait être un taudis ou un endroit de dépravation que j’en aurais toujours rien à cirer.

Je pose mon cul sur un de ses sièges hauts en bois qui a le don de me faire prendre conscience de la petitesse de mes jambes. Une fois assis je ne touche même plus le sol et je trouve ça d’une absurdité à vomir. J’entends Cristina se la péter en tchatant anglais avec le mec planté derrière le comptoir. J’y comprends pas grand-chose. J’imagine cependant qu’elle doit bien connaitre le gars pour lui parler comme ça.

-Tu prends quoi?

Je tourne la tête pour la regarder. Je ne bois pas d’alcool. J’aime pas ca…. Ca brule la gorge et ca rend les gens cons. Déjà que certains n’ont pas besoin de ca pour être au taquet niveau connerie…. Et quand ça les rends pas cons ca les rends stupides ou méchants. Alors comme je n’ai aucune envie d’entrer dans l’une de ces trois catégories je préfère commander un Coca….

Je m’accoude au comptoir et mes épaules se voutent encore davantage. Je me sens soudainement abattu, fatigué, éreinté par cette journée et par tout ce qui me tombe dessus depuis quelques jours. J’ai pas réfléchi en lui demandant d’aller boire un verre quelque part. C’était une excuse comme une autre pour ne pas avoir à rentrer chez moi. Etre de nouveau confronté à cette merde, à ce silence, à cette noirceur et cette absence…. Un bar, un Coca, une nana… c’est mieux comme ça… Et comme en plus elle me propose spontanément une nouvelle clope elle est officiellement devenue ma nouvelle meilleure amie pour la soirée

Je prends un petit bâtonnet du paquet et je sors mon briquet. J’allume la cigarette et je pose le briquet sur le comptoir avant de le faire glisser dans sa direction. J’extirpe la volute de fumée grisâtre qui s’échappe délicatement de mes lèvres

« Cigarette ? Bon, maintenant qu’on est installé, dis-moi un peu qui est mort cette semaine. Ou qui te fait chier. Si c’est une nana, je peux rien pour toi. Mais si c’est un gars, j’ai une paire de docs à clous dans mon placard, tu sais, qui attendent de servir. Juste, donne-moi un nom et on ira faire une ptite virée, toi et moi, entre viock. »

Un petit sourire étire mes lèvres. Même dans ce genre de situation elle arrive à me faire sourire cette bécasse. Je prends ma cigarette entre mes doigts et je tourne la tête sur le côté pour ne pas avoir à la regarder. C’est bon j’me sens déjà suffisamment mal, pas la peine de voir dans son regard mon reflet d’incapacité…

«  Le mec à buter s’appelle Olaf Ackerman… C’est le père de Thomas »

Le serveur pose sans délicatesse mon verre devant moi. Le lève les yeux pour croiser son regard mais je ne le remercie pas. Au lieu de ça je pose mes yeux sur le verre en question où le liquide brun est secoué par des milliers de petites bulles qui remontent rapidement à la surface du verre. Je prends la paille et je joue avec plus pour donner contenance qu’autre chose. Les glaçons émettent un petit son aigue en s’entrechoquant. Un son que j’aime bien pourtant

« Il a débarqué dimanche chez moi et il s’est tiré en emportant Thomas cet enfoiré…. »

Depuis le temps que Cristina nous connaissait, Thomas et moi, elle savait parfaitement la relation fusionnelle que nous avons. Elle sait aussi à quel point nous tenons l’un à l’autre. Si elle n’est pas trop bête, elle doit bien avoir compris quel était l’état d’esprit dans lequel je suis actuellement plongé.

La cigarette reprend la route de mes lèvres. Je tire une longue bouffée dessus avant de soupirer

« J’ai plus aucune nouvelle depuis… Rien… Je sais même pas où ce fils de pute l’a emmené. Sinon crois bien que je serai allé lui faire sa fête… avec ou sans tes Docs cloutés »

J’écrase ce qui reste de la cigarette dans un cendrier mis à notre disposition. J’ai bien conscience d’avoir une sale gueule. Elle doit me trouver pathétique, pitoyable…. Mais comme c’est effectivement ce que je suis je ne lui en tiens pas rigueur

« Faut que je récupère Thomas. Je vais crever si je le récupère pas… »



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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Jeu 19 Jan - 9:33

ft. Hans
Always take a beer after a fight, and celebrate your victory

Always take a beer after a fight

« Ou c’est lui qui va passer l’arme à gauche. »

Tu n’es pas moqueuse, tu ne proposes qu’une option qui te semble la plus viable dans ce contexte. A voir l’expression figée de Hans et le peu de couleur de sa peau, ce « Olaf » - fallait arrêter de donner le nom de personnages Disney aux gens… Vraiment… Ou bien de héros de League of Legends, ce qui expliquait beaucoup de choses sur le caractère du père de Thomas – devait être un individu doué d’une extrême connerie. Encore un énième père aimant jouer du poing sur la gueule de ses propres gosses… En était-il pareil pour toi ? Est-ce que ton père avait tué ta mère et avait déguisé ce meurtre en assassinat de rue ? T’avait-il battu ? Ou t’avait-il aimé ? Ta grand-mère ne veut pas en parler, peu importe le nombre de fois où tu la harcèles au téléphone, ou lorsque tu vas jusqu’au Japon pour lui rendre visite.

Oba-chan, une grande maison typiquement japonaise, en bois, papier et verre. Un parfum de thé vert et d’algue dès l’entrée franchie. Un « okaili, Nana-chan » accueillant la petite-fille de retour à la maison – elle n’arrivait tout simplement pas à prononcer « Cristina », « Keulistina », alors vous aviez opté pour un diminutif qui te faisait fondre lorsque tu l’entendais de sa bouche. Ca te faisait bizarre de savoir que, quelque part dans le monde, deux personnes t’attendaient. Ca te donnait envie de chialer et de croire en l’humanité. Mais surtout, ça te donnait envie de fuir. Est-ce qu’ils allaient t’abandonner eux aussi ? Est-ce que c’était un piège tendu par ton père ? Histoire de vous rabibocher, te faire croire qu’il ne voulait que ton bien en se servant de ses beaux-parents ? Même à toi, cette histoire que tu te racontais semblait tirée par les cheveux. Mais le stress de ces questions flottant entre tes grands-parents et toi te faisait imaginer mille et une choses pas franchement agréable.

En était-il de même pour Thomas ? Est-ce qu’il avait été piégé ? Est-ce que son père avait changé ? A voir la gueule de Hans, non. Mais il n’avait qu’une image de ce Olaf, une image peut-être déformé par les propos qu’ont pu tenir ses propres parents. Valait-il le coup de séparer un gosse de ses parents ? Jamais. Tout le monde avait droit à une seconde chance. Tu soupires. De penser à tout ce merdier te fait plonger tête la première dans ta pinte de bière d’un rouge sanguin, et tu la sirotes presque comme un gosse, tête entre les mains.

« Je te laisse seul deux ans et voilà ce que tu deviens… »

Tu lui adresses un sourire amer alors que tu réfléchis à toute allure.

« Tu ne peux pas le reprendre chez toi, c’est trop flag. Ton appart est le premier endroit auquel vont penser les autorités si Thomas fugue, ou si tu viens le chercher. Faut que tu déménages, et sans le dire à personne. »

Trouver une planque. Un faux nom. C’est ce que tu avais été tenté de faire, mais ce qui s’était révélé parfaitement inutile, ta fugue s’étant passée lors de tes 19 ans. Tu avais été aidée par ton copain de l’époque, un type un peu plus âgé que toi, un étudiant en lettres rencontré dans un bar. Le reste était simple : crécher chez lui, se faire discrète, trouver un petit boulot, n’importe quoi – sauf pute, jamais – et partir. Loin. L’envie d’ailleurs, l’envie de nulle part, un endroit où échapper à l’ennui du quotidien, sa lourdeur et son manque d’originalité. Son conformisme. Et toutes ces conneries remplissant le crâne d’une ado. Pourtant, tu ne regrettais rien de ces années d’errance où tu avais pu te trouver toi-même, savoir à peu près qui tu étais et ce que tu foutais dans ce monde beaucoup trop compliqué.

La cigarette brûle tes doigts et tu rends compte qu’elle est finie, comme ton verre. Déjà ? Tu n’as, une fois de plus, pas vu le temps passé. Et tu t’en fous carrément, un problème plus urgent sur les bras. Tu tiques lorsque tu remarques quelque chose.

« Ackerman, ça fait allemand. S’il l’a amené là-bas, tu peux encore attendre longtemps des nouvelles de Thomas. Il doit sans doute pas avoir le bon forfait pour pouvoir te sms. Ou s’il est dans un autre pays que la France. »

Le trouver sera plus dur. Mais pas impossible.

« Tu sais rien sur son père ? Sinon, tiens, va regarder son compte fb. S’il en a un, peut-être qu’il a fait partager « la bonne nouvelle ». 

Tu lui tends ton samsung, entamant de l’autre main une nouvelle cigarette. Ta tête tourne et tu sens que bientôt, l’alcool fera plus de ravage du fait de ton estomac vide.

« T’en veux ? lui proposes-tu en ouvrant le paquet de chips. Oh merde, je ressemble à une dealeuse comme ça… (rire). »  

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Hans Ackerman
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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Lun 23 Jan - 9:17


► Always take a beer after a fight, and celebrate your victory◄
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« Ou c’est lui qui va passer l’arme à gauche. »

Mes yeux se plissent mais je les garde rivés sur mon verre de Coca pétillant. La paille que m’a mis le serveur dedans remonte doucement vers la surface et menace de tomber du verre à tout instant. Je la saisi et l’oblige fermement à replonger dans le fond du verre.

Qui va passer l’arme à gauche ? Elle parle de Olaf j’espère. Parce que si c’est Thomas alors là…. Je ne me le pardonnerais jamais et je préfère encore mettre fin à mes jours plutôt que de vivre avec la culpabilité de la mort de mon petit frère sur la conscience. J’en serai incapable de toute façon…

J’en ai tellement marre de tout…. Marre de ce putain de destin qui s’acharne sur moi depuis que j’ai 16 ans. Ca fait dix ans… dix longues années que je lutte pour rester à la surface et continuer de respirer. Et ça fait dix ans que le sort s’applique à appuyer sur ma tête pour me faire couler… Un jour viendra, ça sera le coup de trop et je n’arriverai plus à me relever…

Je n’ai que vingt-six ans et l’impression d’en avoir tellement plus. Mon enfance s’est brisée en même temps que la voiture dans laquelle étaient mes parents le jour de leur accident. Accablé par le choix de responsabilité ne devant pas appartenir à un gamin de mon âge, j’ai été forcé à grandir plus vite que je ne n’aurai du. Et je ne m’en suis jamais plain. Et je ne m’en plaindrai pas davantage maintenant. Tout ce que j’ai fait, je le ferai encore une fois si cela me permettait de rester auprès de Thomas. Chaque choix que j’ai dû faire dans la vie, je l’ai fait en songeant à lui. A ce qu’il y avait de mieux pour lui…. Et ça n’a pas empêché mon enfoiré d’oncle de venir me m’arracher…

« Je te laisse seul deux ans et voilà ce que tu deviens… »


Un petit rictus étire mes lèvres. Putain…. Si elle savait…. Pourtant elle serait revenue une semaine plus tôt elle aurait trouvé un autre Hans. Il y a une semaine de ça, j’étais à Barcelone avec Thomas. La finale du Grand Prix était imminente et mon frère allait arracher une victoire glorieuse qui allait me remplir de fierté. Il allait réaliser son rêve… et le miens par la même occasion. J’étais heureux. Vraiment. Pleinement…. Avant que la chute vers l’enfer ne me plonge dans les tourments des ténèbres dans lesquels je me terre depuis qu’il n’est plus là…

« Tu ne peux pas le reprendre chez toi, c’est trop flag. Ton appart est le premier endroit auquel vont penser les autorités si Thomas fugue, ou si tu viens le chercher. Faut que tu déménages, et sans le dire à personne. »

Je tourne la tête vers elle. Elle avait raison. J’étais tellement obnubilé par mon envie de retrouver Thomas que je n’avais pas songé aux conséquences qu’il y aurait derrière. Retrouver mon petit frère est une chose. Mais qu’est ce qu’on fera tous les deux après ? Je songeais réellement à le ramener à l’appartement et à reprendre notre vie comme avant ? C’était évident qu’Olaf viendrait le chercher de nouveau ou, pire, qu’il me ferait foutre en taule pour enlèvement… Quel con ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant !!

«  Pour déménager il faut de l’argent et je n’en ai pas…. »

Je prends mon verre et le vide de la moitié avant de voler une troisième cigarette à Cristina. Trois à la suite, comme dirait Julien Lepers dans son jeu télévisé regardé uniquement par les plus de 75 ans…

« Je dois revendre l’appartement…. Et tout ce qu’il y a dedans…Thomas revait d’aller à Chicago à dans ce nouveau centre d’entrainement pour patineurs…. Tu penses que j’ai une chance de réussir à dégoter assez de fric pour qu’on s’enfuit là-bas ? »

Je me parlais davantage à moi-même plus qu’autre chose. Revendre l’appartement était la seule et unique condition pour obtenir vite une somme d’argent conséquente. L’appartement était plutôt beau et extrêmement bien entretenu – merci ma maniaquerie obsédante. J’y connais rien en offre immobilière mais j’imagine pouvoir en tirer quelque chose quand même

J’allume la cigarette et je l’entends faire une remarque sur mon nom de famille et sa consonance clairement allemande. Je souris. C’est finement observé dis donc…  J’expire la fumée tout en la regardant.

« Je suis né en Allemagne. Thomas aussi. J’ai bien pensé que l’autre connard avait pu le ramener là-bas mais si c’est le cas, je vais en chier pour le retrouver… Je sais même pas où il crèche cet enfoiré…  »

Quant au téléphone…. Je me souviens pas si le forfait permet d’appeler à l’étranger ou non. Mais Thomas connait mon numéro par cœur, il aurait déjà dû essayer de m’appeler. Pourquoi ne le faisait-il pas ? Parce que son père ne lui en laissait pas la possibilité ? Parce qu’il n’était pas en état de la faire ? Ou parce qu’il en a plus rien à foutre de moi ? D’un geste nerveux de la main je chasse la fumée de ma clope en même temps que cette dernière pensée idiote.

Je prends le téléphone de Cristina quand elle me propose d’aller regarder un peu ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Internet et toutes ses conneries là c’est pas trop mo truc. Je n’ai pas d’ordinateur chez moi et mon téléphone ne va pas sur internet. Pour quoi faire ? Pour être comme tous ces gens qui passent leur nez collé sur un écran ? Pour être esclave des applications abrutissantes et chronophages qui nous coupent de la réalité et des personnes physiques juste à coté ? Non merci…. Avec Thomas on n’avait pas besoin de ça… Si c’est pour qu’on se retrouve chacun de son côté à bidouiller sur son smartphone… ça me fait pas rêver. Je préférai qu’on passe notre temps à discuter ensemble, jouer a des jeux de société parfois, à regarder la télé blottis dans notre canapé…

Je pianote donc sur le téléphone, découvrant le fameux Facebook dont j’ai si souvent entendu parler. Je tape le nom de «  Olaf Ackerman ». Je vois les profils de tout un tas de Ackerman arriver… Y a même un con qui s’appelle « Philippe De Ackerman » ! Putain !!! Elle est passé où ma particule à moi ? Si ça se trouve j’étais bourgeois avant….. Hans De Ackerman…. Ouais non laisse tomber trop craignos.  

Mais parmi tous les noms et toutes les photos, aucune ne répond au profil que je recherche. Je me décourage pas et je lance une nouvelle recherche sur «  Thomas Ackerman ». Ha tiens !!! Y an trois homonymes…. Mais ce n’est pas la gueule d’ange de mon frère sur les photos…. Par contre, Facebook me propose un lien donnant sur un groupe. Le clic dessus et mon cœur fait un bond gigantesque dans ma poitrine. Je reconnais le visage de mon petit frère, tout sourire, des larmes débordant de ses yeux alors qu’il tient dans sa main gauche sa médaille d’or durement acquise, et dans sa main droite un bouquet de fleurs bien fourni. C’était il y a moins d’une semaine…. Ca me parait être une éternité…

Revoir le visage de Thomas me soulève le cœur. J’ai la nausée. Il me manquait déjà atrocement mais là, la douleur semble avoir gagné encore quelques degrés.

Je repose l’appareil sur le comptoir et je le fais glisser vers sa propriétaire avant de m’effondrer. Je pose ses bras sur le comptoir et j’enfuis ma tête dedans. Je suis tellement épuisé, tellement fatigué…. Je veux retrouver Thomas…. à tout prix…. Quoiqu’il m’en coute…


« T’en veux ? Oh merde, je ressemble à une dealeuse comme ça… »

Je relève un peu la tête pour voir de quoi elle parle. Un paquet de chips grand ouvert semble me tendre les bras. Je plonge ma main dedans pour en saisir une du bout des doigts et je la porte à ma bouche. Ça croustille, c’est salé et c’est agréable… la malbouffe, rien de mieux contre la dépression même si, à choisir, j’ai toujours été davantage sucré que salé.

Il faut que je me ressaisisse. Que je me secoue ou me foute un coup de pied au cul. Si je veux retrouver Thomas et m’enfuir avec lui aux Etats-Unis il faut que je sorte de mon état de léthargie zombiforme.

Je me passe la main sur le visage et dans les cheveux. Je prends une nouvelle chips et sirote à la paille, comme un mioche, un peu de mon Coca

« J’ai besoin de ton aide pour retrouver Thomas… »

Je ne sais pas encore dans quelle mesure elle pourrait m’aider. Mais je sais que son soutient et sa clairvoyance ne peuvent que m’être que d’une grande utilité. Si je dois partir quelque part, elle sera la seule au courant de mes projets. Même si cela fait d’elle la complice de l’enlèvement de mon frère… Je sais que je peux lui faire confiance. Je sais que ça ne l’effraie pas non plus… Elle a dû en voir d’autre dans la vie. Quoi exactement ? J’en sais rien et je m’en contrefiche. On n’était pas du genre à s’avouer nos petits secrets sur le coin de l’oreiller….

« Tu restes combien de temps à Paris ? T’as un endroit où crécher ? »

Sous-entendu que sinon, elle peut venir squatter à l’appartement. Je n’ai jamais fait venir personne chez nous. Mais comme Thomas n’est plus là et qu’il n’y reviendra plus… ça m’est égale. Je suis prêt à accueillir Cristina.



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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Mar 24 Jan - 18:25

ft. Hans
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Tu penches la tête sur le côté, ne sachant pas quoi répondre. Un, « je suis citoyenne du monde » avec un petit sourire en coin serait la réponse la plus facile. Mais tu ne te sens pas d’humeur blagueuse maintenant, pas pendant que ton ancien amant essaie désespérément de retrouver ton petit prodige. Tu lui en veux un peu d’être entièrement tourné vers son frère et de ne pas s’intéresser à toi. Te demander les questions simples du quotidien « ça va ? Quoi de beau ? Tranquille, et toi ? ». C’est ridicule et tu te baffes mentalement, penchant la tête de l’autre côté, regard dans le vide, bras croisés soutenant ta matière grise au repos. Tu te noies dans ton verre vide, plongeant un orbe vitreux n’observant plus le présent. Un endroit où crécher… Ça s’appelait un hôtel, et bien sûr que tu en avais un. Il suffisait de se balader sans but pour en trouver à peu près comme il faut dans Paris. Le luxe pour toi était la rue Sainte-Anne où à peine sortie, tu pouvais t’empiffrer de bouffes japonaises et coréennes. Le rêve. Il y avait aussi l’adresse d’Hélena que tu avais encore en mémoire. Après une petite scène, elle n’oserait pas te refuser son loft au 16ème et une place dans son lit. Mais tu n’as pas envie de la revoir, pas tout de suite. Tel un chat errant, tu aimais bien te faire désirer et te montrer sous un jour désinvolte. L’attirer à toi et la dévorer d’un baiser longtemps attendu, jamais reçu. Ta copine… non. Ton amante… non. Un baiser torride scellant une promesse jamais émise, un soupir à peine voilé, véritable appel à la luxure, et des volutes de cigarettes échangées entre vos deux bouches, voilà tout, à plus, au revoir, et prochain vol pour Nice. C’est ce que tu souhaitais comme conditions afin de la revoir. Une rencontre où tu n’aurais pas à céder quoique ce soit, surtout pas ton honneur.

Cependant, ce n’était pas le même rapport de force entre toi et Hans. Une pincée de sexe et une louche de silence, touillées avec une bonne poignée d’obscurité. Ajouter un grain de fumée de cigarette et verser le tout dans un bol couleur de nuit. Et voilà, un spécial Cristhans. Nom à chier, tu n’avais jamais été douée pour trouver les pairings ou les crossover de tes séries préférées. Tu te refocalises sur la question restée suspendue sur les lèvres de ton ancien amant. Tu tournes la tête de l’autre côté et tu te rapproches de lui, lentement, présentant ton meilleur profit, celui où tes yeux semblaient agrandis et tes épaules si maigres, ton buste imposant sans jamais toucher celui de ton voisin, un félin prêt à bondir sur sa proie.

« Ca. (se rapproche). Ne te. (se rapproche). Regarde. (se rapproche). Pas… (l’embrasse). »

Ses lèvres sont moins douces qu’avant ; il a dû s’arracher les peaux mortes afin de faire passer l’angoisse avec de la douleur. Tu ne fais que l’effleurer des tiennes, baiser léger et désinvolte, presque une boutade, une façon de se moquer gentiment de lui et de le détendre, faire exploser ses sentiments, ce tourbillon menaçant de t’engloutir. Rien de sexuel, rien de provoquant. Un geste de douceur dans son monde si sombre, comme une mère protégeant son enfant en l’embrassant sur le front. Le contact se fait sans heurt, vos corps habitués l’un à l’autre et même si l’étreinte remonte à longtemps, il reste cette chaleur, cette proximité que tu retrouves en un clin d’œil.

Tu t’éloignes à la même allure pour reprendre ta place, recroisant les bras et posant ta tête dessus.

« Tu me proposes de m’emmener chez toi mais tu n’as même pas envie de rentrer. Comme rencart romantique, tu repasseras ! »

Tu te tâtes à finir ton paquet de cigarettes mais trois clopes, ce n’est déjà pas mal. Tu laisses la dernière dans son enveloppe de carton – tu sais que tu finiras par l’offrir à Hans – et tu te diriges vers la sortie, enfilant ton manteau.

« You’re already leaving !
-Yeah, got something to take care off.
-Hope this isn’t too serious…
-Maybe… Don’t know for sure.
-May God helps you.
-Fuck him…”

Tu le paies et tu t’en vas, laissant la porte claquer derrière toi. Tu te retournes et il n’est pas là. Tu hésites. Le laisser t’approcher une fois de plus ou le planter encore une fois sans plus d’explication ? Le souvenir de vos unions t’emplie de mélancolie, et tu n’aimes pas ça. Tu aimes encore moins le sentiment de culpabilité que tu ressens au fond de toi.

« Shit. »

Tu retournes à l’intérieur, tu attrapes le col de Hans et tu le traînes presque derrière toi jusqu’à la sortie. Tu t’en veux un peu de la brutalité de tes gestes cachant mal ta maladresse et ton manque de savoir-faire dans pareille situation.

« Ecoute-moi bien. Je vais t’aider. Ne crois pas que je le fais pour Thomas ni pour toi. Je ne sais pas trop pourquoi je fais ça… On va aller direct en Allemagne parce que quelque chose me dit qu’il est là-bas et en attendant, on va crécher chez toi. Mais arrête avec cette gueule d’enterrement. Ok ? Ca me fout les boules. »

Tu le lâches, ou plutôt, tu te détaches de lui. Tu ne t’en rends compte que maintenant et tu as envie de pleurer : tu voulais un contact humain, quelqu’un que tu connaissais, quelqu’un qui te prendrais dans ses bras ne serait-ce que pour deux secondes. Ta carrière foutue, tes élèves inintéressants et ta famille avec qui tu tentais de recoller les morceaux. Et entre tout ça, la solitude. Personne à qui parler. « Fuck it, tu es au-dessus de tout ça, Cris. Sois forte, putain, et chiale pas. » Tu te répètes ces mots mais rien n’y fait alors tu te détournes de Hans – un prostitué ! un gigolo ! tu t’attendais à quoi, à ce qu’il soit transi d’amour pour toi ? Il est PAYÉ pour que tu t’attaches à lui et que tu lui files plus de frics encore ! – et tu essuies une larme menaçant de couler.

« Alors, t’habites où ? »

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MessageSujet: Re: Always take a beer after a fight, and celebrate your victory - ft. Hans Ackermann   Ven 27 Jan - 14:56


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J’en ai vu des paires de jambes. Des minces, des longues, des grosses pleines de vergetures, des poilues…. Des jambes de femmes, des jambes d’hommes aussi. Le pire c’est les jambes des filles aussi poilues que celles de Chewbacca…. J’vous jure, ça vous la coupe directe un truc comme ça…. Je me suis prostitué depuis tellement d’années que j’ai arrêté de compter le nombre de paire de jambes que j’ai soulevé. C’est pas comme si c’était un record personnel de toute façon… J’en retirerai jamais de fierté et je préfère éviter de m’en vanter. Alors autant oublier, je conserve un petit peu d’humanité comme ça.

Durant mes «  extras » comme je me plais à les appeler, j’ai l’impression d’être une autre personne. Je laisse sur le palier le grand frère protecteur pour devenir un automate sans orgueil qui va effectuer les lubies plus ou moins perverse qu’on me demande. Que ça me plaise ou pas j’en ai rien à foutre. En Général, on ne me demande pas mon avis ou mes préférences…. Ca ne m’est arrivé qu’une seule fois ca… et je m’en souviens encore….

Simon…. C’est lui qui m’a demandé ce que j’aimais faire ou ne pas faire. Pour la première fois, un client était attentif à moi. Comme s’il cherchait à ce que j’ai ma part de plaisir dans l’histoire. Il a toujours été un peu bizarre, Simon. Il a des yeux en amande qu’il cache derrière une paire de lunettes à la monture aussi noire que ses cheveux lisses… Il a ce petit côté imprévisible qui le rend impossible à cerner même quand on le connait depuis des années… Simon était mon client. C’est devenu mon amant. Je ne vais plus chez lui uniquement parce que je suis payé. De toute façon, sauf quand je suis trop dans la merde, je ne prends même plus l’enveloppe de thune qu’il laisse à mon attention sur la commode de l’entrée de son appart. Des fois, de plus en plus souvent, je me rends chez lui sans qu’on ait besoin de passer par la case «  coucher ». Je fais un brin de rangement ( c’est pas possible d’être aussi bordélique putain ! On dirait Thomas ! ), il me prépare un lait au miel, on fume une clope ensemble…. Vu de l’extérieur j’imagine qu’on a tout du petit couple mielleux et particulièrement ridicule tel qu’on les voit dans les séries américaines. Mon c’est pas mon mec… C’est…. je sais même pas ce qu’il est en fait….

Et puis parmi mes clients il y avait Cristina. Autrefois…. Avant que je ne rencontre Simon. Elle, n’était pas pareille que toutes les autres nanas. Elle ne cherchait pas seulement à se taper un mec et puis basta. C’était diffèrent sans que j’arrive à expliquer pourquoi… Ma mémoire s’applique à effacer systématiquement tous les visages de ceux que j’ai baisé, elle, en revanche, je n’ai jamais pu l’oublier. Même avant qu’elle ne revienne l’entraineuse de Thomas. Même avant qu’elle se tire, la lâcheuse, la traitresse, pour aller sur la coté d’azur en nous abandonnant. Et puis elle refaisait surface, deux ans plus tard, la clope au bec et le paquet de chips à la main…. C’était déroutant putain.

Je suis en train de me noyer dans mon chagrin. Je lui ai proposé de venir à la maison et je me surprend moi même de mon audace ou de ma folie. On n’a jamais fait pénétrer personne dans notre appartement du temps où Thomas était encore là. Mais maintenant j’en ai plus rien à caller ! Il pourrait débarquer un bataillon tout entier chez moi que je m’en flouterai complétement. Il n’y a plus rien à préserver ou à protéger la dedans…

J’attends sa réponse. Elle met un temps fou à me la filer en plus, hachant chacun de ses mots par un petit silence durant lequel elle se rapproche de moi de façon presque féline. Je la regarde. Je ne me recule pas malgré la trop grande proximité qui nous sépare.

Ses lèvres se posent sur les miennes. Elles sont douces et légèrement piquantes. Peut être quelques grains de sel restant sur ces lèvres fines rehaussées d’un rouge à lèvres de couleur flashy qui lui va si bien. L’odeur de son parfum se mêle à celui de la cigarette. Je me retrouve projeté deux ans en arrière, me revoyant dans son lit, la serrant doucement dans mes bras par peur de la casser en deux tellement son corps fin parait fragile.

Je ne cherche ni à prolonger le baiser ni à le fuir. Je la laisse s’écarter d’elle-même et mes yeux d’un gris orageux se fixent dans les siens. Je ne suis pas en colère. Je ne suis pas dégouté. Je sais qu’il n’y avait là aucune arrière-pensée autre que celle de vouloir me réconforter. C’est peut être parce qu’elle est un poil de cul plus agéé que moi, que Cristina semble essayer de me materner. Ou c’est peut être parce qu’elle en à tellement chier dans la vie qu’elle a du mal à accepter de voir d’autres personnes galérer aussi… Sous ses airs un peu rustres et bourrus, Cirstina a un cœur énorme. Je me suis déjà demandé si j’avais réussi à me faire une petite place à l’intérieur..

« Tu me proposes de m’emmener chez toi mais tu n’as même pas envie de rentrer. Comme rencart romantique, tu repasseras ! »

Elle marque un point…. Je ne peux pas le nier. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi… Parce que Thomas n’y est pas. Parce que je vais me retourner dans mon lit avec l’envie extrême de balancer mon putain de réveil dont les chiffres lumineux qui défilent trop lentement, me narguent à chaque minute qui passent… Je ne veux pas rentrer chez moi parce que depuis quatre jours l’appartement s’est figé dans l’état dans lequel Olaf Ackerman l’a laissé…. Cadres brisés que je n’ai même pas ramassé, valise non défaite et bordel accumulé sur le sol suite à notre bagarre musclée pour s’arracher la propriété de la garde de Thomas…. Un combat que j’ai perdu…. Et putain ce que ça fait mal au cul ! Ca fait mal partout d’ailleurs… Mon corps est au supplice et mon cœur est à l’agonie. Je ne pensais pas qu’on puisse autant souffrir du manque d’une personne….

Je regarde Cristina remettre sa veste et se lever de sa chaise sans un mot ni un regard pour moi. Rien à foutre… elle fait ce qu’elle veut. Je lui ai proposé  un toit mais j’imagine qu’elle a déjà ce qu’il lui faut. Ou qu’elle a pas envie de rester avec un zombi dépressif tel que moi. Note que je ne lui en veux pas… si j’avais le choix, moi aussi je ne resterai pas avec moi….

Il restait des chips dans le paquet. Je tends ma main pour en prendre une alors que la porte s’est refermée sur Cristina. J’hausse les épaules. Plus de clopes…. Alors je vais me noyer dans la graisse, le sel et les calories. Trois chips et 2598 kcal plus tard, Cristina fait irruption et m’attrape par le palto en me trainant de force hors du bar. Putain elle est dingue ou quoi !!!

« Qu’est ce que tu fous ! Mais lâche moi putain !! »


Si elle avait été un mec elle se serait déjà pris une mandale. Mais j’ai quand même quelques valeurs et je ne frappe pas les filles…. Et encore moins celles qui sont capable de me récoler un pain juste après.

« Ecoute-moi bien. Je vais t’aider. Ne crois pas que je le fais pour Thomas ni pour toi. Je ne sais pas trop pourquoi je fais ça… On va aller direct en Allemagne parce que quelque chose me dit qu’il est là-bas et en attendant, on va crécher chez toi. Mais arrête avec cette gueule d’enterrement. Ok ? Ca me fout les boules. »

D’un geste brusque je me défait de sa poigne. Quand elle me lâche enfin se replace correctement ma veste tout en claquant ma langue contre le palais. Tch ! Ca commence bien. Je sens que je vais rapidement regretter ma proposition d’hébergement

« C’est bon ça va ! Tu commences pas à m’saouler ok ? »

Je soupire et fait un signe de tête pour lui indiquer le chemin à suivre.

« Paris 13em…. Quartier asiatique…. C’est pas les beaux appart’ des immeubles haussmanniens mais c’est sympa…. Même à toi ça devrait te convenir »

Après tout je m’y sens bien moi… C’est pas la zone ou la banlieue craignos de la Seine St Denis ou de la Courneuve. Dans les superettes asiatiques de chez Tang Frères on trouve un peu de tout pas cher. La petite mamie qui habite juste en dessus m’apporte parfois quelques plats de sa Thaïlande d’origine et la boulangère du coin fait des putains de pâtisseries au chocolat dont Thomas est accro… Donc voilà… c’est pas un quartier prisé mais c’était le nôtre et on s’y sentait bien…

Pour rejoindre l’appart depuis l’endroit où on se trouve faut prendre la ligne 13. Terminus Olympiade ça nous prends 10 minutes à devoir supporter le métro et les gens débiles qui sont dedans. En plus des microbes…. Putain je m’y ferai jamais à ça…. Le métro est bien le transport en commun que je déteste le plus au monde.

Il nous faut encore un peu de marche, silencieuse, j’apprécie pour une fois, avant de rejoindre notre immeuble. Je la conduis dans les escaliers en cherchant les clefs dans ma poche. J’en sort le trousseau au bout duquel pendouille un pitoyable porteclés en fimo que Thomas m’avait fait un jour à l’école

Je pousse la porte et entre le premier en laissant la porte ouverte derrière moi pour l’inviter à me suivre. Je me déchausse dès l’entrée. J’aime pas marcher en chaussure dans l’appartement, ca fout de la merde partout sur le sol…. Et oui je suis maniaque et si elle n’était pas encore au courant elle ne devrait pas tarder à s’en apercevoir

« Tes chaussures…. Et fais attention… y a des morceaux de verre…. » Lui dis-je en désignant le cadre écouhé au pied du mur.

Maintenant que je ne suis plus seul à vivre ici il faudrait peut-être que je songe à le ramasser…. Je m’agenouille et je m’y colle avant qu’elle se foute un caillon dans le pied.



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