Yuri on ice RPG

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 Froides retrouvailles

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Yuri Plisetsky
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MessageSujet: Froides retrouvailles   Dim 18 Déc - 14:02

Froides retrouvailles
● feat. Viktor Nikiforov ●


La nuit avait été courte pour Yuri.

Comme un peu toutes depuis la finale du Grand Prix... Il n’en revenait toujours pas d’avoir perdu, et surtout de n’être arrivé qu’à la cinquième place, derrière Katsuki pour couronner le tout.

Un échec total, sur toute la ligne, qui l’empêchait de dormir depuis pas mal de jours maintenant. Et le pire, c’est que son grand-père l’avait quand même félicité... Il avait tellement honte.

C’est avec ces pensées bien moroses qu’il se leva ce matin, bien décidé à ne rien laisser tomber, au contraire, il allait travailler encore plus dur pour leur faire bouffer leurs patins à tous ceux là. Et au diable Yakov et ses recommandations, s’il devait s’entrainer 10 heures par jours il allait le faire, si c’était pour tous les battre, et être le meilleur.

Meilleur que Katsuki, que JJ, et même meilleur qu’Otabek. Meilleur que Viktor.

Le meilleur de tous en somme. C’était ça son but, pas de se faire des amis ou de se pavaner en body à paillettes. Il voulait simplement être au dessus. Il voulait que son grand-père puisse être fier de lui. Et que Viktor fasse attention à lui, qu’il se rende compte de son erreur... Qu’il revienne, et qu’il reste à ses côtés.

Devant son miroir, Yuri fixait son reflet à moitié nu avant de s’habiller.

Les chutes étaient de plus en plus nombreuses en ce moment et cela devenait difficile de compter tous ses bleus tellement ils étaient nombreux. Il n’était pas assez concentré selon Yakov, mais il se trompait le vieux. De toute façon il ne comprenait jamais rien celui là.

Le blond enfila son jean et son sweat avant de remplir son sac pour partir à la patinoire. Il était encore tôt, elle serait surement fermée en arrivant, mais c’est pas grave il attendrait que la concierge vienne ouvrir pour son ménage. Il ouvrit la porte de sa chambre pour constater le silence de la maison, c’était le signe que ses grands-parents dormaient encore, il descendit donc les escaliers dans le plus grand des silences et ouvrit la porte d’entrée pour sortir en enfilant ses chaussures une fois dehors.

Le froid l’attaqua instantanément, colorant ses joues et le bout de son nez de rouge, il avait beau vivre ici depuis 15 ans, il avait toujours aussi froid dès qu’il mettait le pied dehors... Mais cela ne le gênait pas, au contraire, il préférait les températures glaciales de la Russie que celles trop chaudes de la Californie par exemple.

Yuri plongea la main dans la poche de son jean pour en ressortir quelques pièces de monnaie, cela suffirait pour s’acheter un chocolat chaud au passage histoire de se réchauffer. Et aussi parce que le blond aimait beaucoup le chocolat chaud...

Un petit détour par une grande enseigne de boissons avant de reprendre le chemin de la patinoire qui était, à sa grande surprise, déjà ouverte. Visiblement d’autres avaient envie de faire des heures supp, tant mieux pour lui au moins il n’aurait pas besoin de poireauter dans le froid c’était tout bénéf.

Il entra donc dans l’établissement qu’il connaissait par cœur et alla se changer dans les vestiaires presque vides, il y avait juste un sac sur un banc, il ne savait pas à qui il appartenait, mais il était là. Yuri haussa les épaules avant de se changer pour aller s’échauffer. La patinoire elle, était encore vide et c’était aussi bien comme ça, il préférait patiner seul que devant les yeux béats de certaines de ses fans.

Quelques étirements nécessaires avant qu’il n’enfile ses patins afin de faire quelques tours pour terminer son échauffement, profitant du seul bruit des lames sur la glace. C’était un bruit qu’il aimait bien, il avait quelque chose de rassurant.

Ses pieds bougeaient l’un après l’autre, presque avec une volonté propre alors que ses mouvements prenaient de la vitesse, sans perdre de leur grâce pour autant, et petit à petit, alors que la musique de l’Agape résonnait dans sa tête, les pas se faisaient tout seul comme un vieux réflexe.

Et un premier saut réussi, cela commençait bien pour aujourd’hui. Yuri se permit même un léger sourire en sentant cette sensation lors de l’atterrissage. Avant que ce dernier ne se transforme en froncement de sourcils quand il entendit un bruit trancher le silence qui l’entourait. Il stoppa sa course et tourna sa tête blonde vers sa provenance avant que son visage montre un certain étonnement.

-Qu’est-ce que tu fais là... ?

Pas de bonjour, aucune formule de politesse.

En même temps il ne s’attendait pas vraiment à voir Viktor Nikiforov dans cette patinoire aujourd’hui, ni plus jamais en fin de compte. Il n’avait pas prévu cette éventualité, il pensait seulement le recroiser au détour d’un couloir lors du prochain concours, suivant son porcelet comme son ombre.

Mais il se tenait devant l’entrée de la patinoire, sa paire de patins à la main, et aucun japonais lui collant au cul...



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Viktor Nikiforov
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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Dim 18 Déc - 18:33


Froides retrouvailles
○ feat. Yuri Plisetsky ○


Tout était bien trop compliqué depuis que Yuri n’était plus à ses côtés. La vie avait perdue certaines saveurs que seul le japonais était capable de lui faire gouter. Ses nuits étaient devenues blanches et malgré son état de fatigue avancé le sommeil semblait s’amuser à le fuir encore et encore. Quant à ses journées, elles n’étaient pas plus agréables. Les remords des paroles affreuses qu’il avait dit à l’encontre de Yuri ne cessaient de le tourmenter. Ajouté aux messages de Phichit qui le harcellait…. D’après le thaïlandais, Yuri était au plus mal. Phichit avait dit ne l’avoir jamais vu dans un tel état. La culpabilité de Viktor n’en était que plus grande maintenant qu’il se sentait responsable du mal être de son ancien protégé. Mais que pouvait-il faire de plus ? Yuri avait été clair avec lui, il ne voulait plus de sa présence à ses côtés. Alors Viktor devait-il le forcer ? Il avait fait le choix douloureux de respecter sa volonté… Mais il en souffrait… Atrocement… Quotidiennement…

Je russe sortit de sa salle de bain et se dirigea dans le plus simple des appareils jusqu’à sa chambre. Il prit soin de s’habiller rapidement sans jeter de regard au miroir plaqué sur une des portes de son dressing. Il ne supportait plus l’image de lui que renvoyait la glace…. Il se dégoutait trop pour ça.

Il se retourna et son regard se posa sur un sac de sport qui n’avait pas quitté sa place depuis presque un an. Posé sur l’unique chaise présente dans la chambre, le sac avachi le regardait narquoisement. Tout comme la paire de patins à glace dont les lacets noués entre eux permettaient aux chaussures de pendre sur le côté de la chaise. Viktor soupira… Il hésita… Puis il finit par s’approcher pour prendre ses patins dans les mains. Les lames dorées étaient protégées par des étuis en pvc bleu et rouge aux couleurs de son pays natal. Devait-il reprendre le patinage ?

Viktor hésita encore un moment. Il regarda son radio réveil qui indiquait l’heure de ses lumineux chiffres rouges. 7 : 17. Il était encore bien tôt pour que la patinoire soit ouverte. Pour le public, cette dernière ouvrait ses portes à partir de 9h. Mais heureusement pour lui, Viktor Nififorov n’était pas n’importe qui. Cela lui avait permis d’obtenir de la part du directeur de la patinoire un double des clés afin de pouvoir utiliser les lieux à sa convenance. Viktor reposa les patins sur son lit et se pencha pour fouiller dans son sac de sport. Le trousseau de clé était toujours présent dans la petite poche ventrale, accroché à un porte clé en forme de flocon de neige. Là, Viktor n’avait plus aucune excuse. Il soupira longuement avant de ranger les clés à leur place et de fourrer ses patins à l’intérieur du sac. Reprendre le patinage était peut-être la seule et unique option qu’il lui restait pour retrouver Yuri….

Après avoir ajouté sa tenue d’entrainement au reste du contenu du sac, Viktor prit ce dernier et sortit de sa chambre pour rejoindre le salon. Makkachin n’avait pas quitté son panier. Flémard comme à son habitude, le chien roupillait sagement sans se soucier des agitations matinales de son maitre. Ce dernier ne put s’empêcher de sourire en regardant sa boule de poils feindre l’indifférence en gardant les yeux fermés. Viktor s’agenouilla devant le panier et caressa son compagnon avant de lui expliquer qu’il allait revenir et qu’il devait rester sage en l’attendant.

Il finit par se relever et enfila sa veste et son écharpe. Il jeta son sac sur son épaule droite avant d’enfiler ses chaussures et quitter son appartement.

Viktor habitait un appartement duplex assez chic situé dans une banlieue huppée de Saint Pétersbourg. Etre patineur artistique professionnel permettait de bien gagner sa vie si tant est que l’on pouvait amasser plusieurs victoires. Et c’était son cas. Il ne se plaignait donc pas de sa situation financière qui lui permettait un train de vie agréable. Pour autant, Viktor n’était pas quelqu’un qui affichait aux yeux de tous ses éventuelles richesses. Mise à part son appartement qu’il avait préféré choisir dans un endroit tranquille, il préférait vivre normalement sans dépenser à outrance ni se montrer pingre.

Installé au volant de sa voiture, il ne lui fallut qu’une dizaine de minutes pour se stationner à l’arrière de la patinoire. Il contourna ensuite le bâtiment et déverrouilla ce dernier avant d’y pénétrer. Ça faisait bien longtemps qu’il n’était plus entré ici… Les lieux avaient beaux lui être extrêmement familiers, c’était comme si il les redécouvrait pour la toute première fois. Son regard glissa sur la vitrine à l’entrée du bâtiment. Plusieurs coupes et médailles s’exposaient fièrement à côté des photos de leurs propriétaires… Parmi eux, Viktor reconnaissait son propre visage à différents âges. Il soupira puis se dirigea vers l’un des vestiaires.

Qu’est ce qu’il faisait froid… Viktor alluma immédiatement le chauffage du vestiaire et il plaqua ses mains contre la grille, sentant immédiatement un souffle chaud et agréable venir réchauffer ses phalanges engourdies. L’anneau que Yuri lui avait offert n’avait toujours pas quitté sa main. Et il ne la quitterait plus jamais… Malgré la dispute, la distance et l’indifférence du japonais…

Viktor se changea pour enfiler des vêtements plus adaptés à la pratique du patin à glace. Il prit soin de ranger ses affaires dans un casier qu’il verrouilla et il laissa son sac sur le banc. Il était seul et personne n’aurait l’idée saugrenue de venir patiner à une heure si matinale. Tant mieux… il avait besoin de solitude et de se retrouver en tête a tête avec la glace. Ils avaient des comptes à régler tous les deux….

Mais avant ca Viktor quitta le vestiaire pour se diriger vers une pièce située en retrait et réservé au personnel de la patinoire. Il avait besoin d’un bon café pour achever de se réveiller et pour se réchauffer un peu. Il emporta ses patins avec lui et, une fois arrivé, se retrouva confronté à une nouvelle cafetière dont il ignorait le fonctionnement. Il dut bidouiller pendant quelques minutes avant que la machine ne finisse par concéder à lui faire couler un café bien serré.

Viktor prit sa tasse à la main. Il souffla légèrement sur le contenu fumant avant de le porter à ses lèvres. Il sentir le liquide se rependre le long de son corps et le réchauffer de l’intérieur ; C’était une sensation appréciable. Il quitta la petite salle de pause dont il était un utilisateur privilégié pour rejoindre, enfin, l’immensité glaciale de la patinoire qui, à sa grande surprise, était déjà occupée. Et pas par n’importe qui…

Devant le regard étonné de Viktor, Yuri Plisetsky était en train de s’entrainer. Sa silhouette fine avançait sur la glace avec une légèreté déroutante. Il rejouait une nouvelle fois le programme que Viktor avait élaboré que pour lui. De l’amour : agapé. Quoiqu’en dise Yuri, ce morceau lui allait comme un gant. Cela faisait ressortir toute sa pureté. Toute sa candeur. Toute sa sincérité…

Le premier saut de Yuri fut un véritable succès. La perfection incarnée…. Viktor posa sa tasse sur le rebord de la patinoire et Yuri sembla enfin s’apercevoir de sa présence ce qui n’était visiblement pas pour lui faire plaisir

-Qu’est-ce que tu fais là... ?

Viktor s’appliqua à étirer ses lèvres pour lui offrir un sourire. Il espérait seulement que le jeune homme ne s’apercevrait pas de la tristesse cachée derrière ce sourire amer

« Bonjour Yurio ! »

Il lui fit un petit signe de la main avant de se pencher et de finir par s’assoir à même le sol. Il y avait un banc à proximité mais Viktor avait la fâcheuse habitude de procéder ainsi à chaque fois qu’il enfilait ses patins. Il retira donc ses chaussures de ville pour mettre celles réservées au patinage. Sans attendre retira les protections et se releva pour aller sur la glace

« Ca te dérange que je sois la ? Je te rappel que tu n’es pas le seul patineur de St Petersbourg… Et que sans mes clés tu serais toujours en train de geler dehors en attendant l’ouverture »


Viktor lui sourit un peu tout en commençant à patiner en arrière

« Un petit «  merci Viktor ! » serait plus que bienvenue, tu ne crois pas ? »

Sans attendre et sans même avoir pris le temps de s’échauffer, Viktor gagna en vitesse avant de s’élancer pour un simple lutz qui n’avait rien de parfait… malgré la facilité de ce saut basique, la jambe de réception de Viktor vacilla, l’obligeant à poser la main au sol pour ne pas chuter

« hum…. Je suis rouillé… »

Dire que Viktor n’avait pas patiné lorsqu’il était aux coté de Yuri aurait été mentir. Il avait entrainé le jeune japonais tout en étant sur la glace. Et non pas depuis le pourtour de la patinoire comme le faisait souvent de nombreux coachs, Yakov en tête de liste. Viktor, lui, n’avait eut de cesse de répéter inlassablement les mêmes sauts pour permettre à Yuri de les apprendre ou de les perfectionner. Il avait patiné en duo avec lui sur chacune de ses chorégraphies pour ajuster les pas, le timing, ou les différents composants du programme. Alors pourquoi venait-il d’échouer bêtement sur un saut si simple ?

« Tu es revenu depuis longtemps ? Nous ne sommes pas partis ensemble de Barcelone. Yakov sait que tu es là si tôt ? Le connaissant ça m’étonnerait qu’il approuve… Tu vas avoir des problèmes Yurio.. »



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Yuri Plisetsky
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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Dim 18 Déc - 21:11

Froides retrouvailles
● feat. Viktor Nikiforov ●


Il aurait du s’en douter....

C’était louche que la patinoire soit ouverte à cette heure, surtout qu’il n’était pas tombé sur la vieille qui fait le ménage alors c’était une autre personne ayant la clef et il n’en connaissait pas 15 000...

Et voilà maintenant il devait se taper la présence indésirable de Viktor, génial. Une belle journée pourrie en perspective donc. Il n’avait aucune envie de le voir et encore moins de partager cette patinoire avec lui, celles du Japon n’étaient pas assez grandes qu’il devait venir ici ?

Pourquoi il était là d’ailleurs ? Et tout seul en plus... Ce n’était pas arrivé depuis des mois, de le voir sans la compagnie de son binoclard. Par contre Yuri remarqua en un coup d’œil qu’il portait encore cette bague « porte bonheur », mon cul, c’était un truc de fragile genre engagement fiançailles et tout le bordel. Non mais qu’ils assument aussi leurs conneries ces crétins.

Putain... Ca lui faisait mal à chaque fois qu’il la voyait en plus...

C’était douloureux à chaque fois qu’il posait le regard sur Viktor, qu’il le voyait sourire et rayonnant comme jamais. Parce que le blond, il n’avait jamais eu droit à ce genre de regard. Jamais. En fait il n’avait eu droit qu’aux miettes. Comme un vieux clochard à qui on refile nos pièces rouges indésirables. Tss.

C’était peu dire qu’il lui en voulait. Pour tout, tout ce qu’il avait fait, mais aussi tout ce qu’il n’avait pas fait.

-Bonjour Yurio !

Le blond ne répondit pas et se contenta de le regarder enfiler ses patins, en plus il se payait le luxe de venir taper l’incruste complètement, aucun savoir vivre, il devait avoir compris que Yuri ne voulait pas de lui ici mais il s’obstinait à rester.

Et en plus il lui faisait un sourire totalement hypocrite, non mais franchement il le prenait pour qui ? Cela faisait au moins 10 ans qu’ils se connaissaient –ou que Yuri connaissait Viktor plutôt- mais à force il avait appris à faire la différence. Il savait voir quand un sourire n’était pas sincère, et celui la était clairement pas jovial. C’était quoi alors ? Une façon de se moquer de lui encore ?

-Ca te dérange que je sois la ? Je te rappelle que tu n’es pas le seul patineur de St Petersbourg… Et que sans mes clés tu serais toujours en train de geler dehors en attendant l’ouverture...

-J’aurais préféré figures-toi.

-Un petit «  merci Viktor ! » serait plus que bienvenue, tu ne crois pas ?

-Non.


Il n’avait aucune envie de le remercier pour quoi que ce soit, il avait seulement envie de le frapper, de lui faire mal jusqu’à ce que l’argenté le supplie d’arrêter. Mais bon, il savait qu’il n’en avait pas les moyens, alors il ne le faisait pas...

Et aussi parce qu’une part de lui le lui interdisait, continuant de l’admirer et de l’aimer. C’était chiant, pourquoi tout son esprit ne pouvait pas s’accorder sur la pensée unique qu’il est détestable ? Cela aurait rendu la situation beaucoup plus simple...

Parce que la, il ne pouvait tout simplement pas retirer son regard se sa silhouette lorsqu’il avança sur la glace, il trépignait d’impatience de le voir effectuer quelques figures dont lui seul avait le secret, en plus ils n’étaient rien que tout les deux, il serait le seul à le voir à ce moment précis...C’était tentant de regarder...

Seulement voilà, dès le premier saut, le constat fut plutôt décevant...

-Hum…. Je suis rouillé…


-Le grand Viktor Nikiforov aurait-il perdu de sa superbe ? Echauffe-toi avant de vouloir faire ton malin...


Yuri leva les yeux au ciel avant de slalomer sur la glace sans le quitter des yeux pour autant. C’était devenu si rare de le voir ici...Pour ne pas dire que cela n’était pas arrivé depuis plus de huit mois... Et dire qu’avant cela les deux patineurs passaient la plupart de leur temps ensemble... Ce temps révolu paraissait soudainement bien lointain.

-Tu es revenu depuis longtemps ? Nous ne sommes pas partis ensemble de Barcelone. Yakov sait que tu es là si tôt ? Le connaissant ça m’étonnerait qu’il approuve… Tu vas avoir des problèmes Yurio..

-Il ne le sait pas, et tu as intérêt de garder ça pour toi...Je n’ai pas envie qu’il me tienne la grappe pendant une heure...


Parce que c’était certain que son entraineur allait lui faire la morale inlassablement au sujet du surmenage, notamment à son âge. Et pire, il pourrait même lui interdire l’entrainement pendant un certain temps, et c’était tout ce dont Yuri n’avait pas besoin.

-Tu n’as pas répondu à ma question... Pourquoi tu es là ? Et tout seul en plus... Ton porcelet veut plus de toi ?

Même si c’était peu probable vu la façon totalement niaise et énervante que Katsuki avait de regarder son entraineur. Vous savez, avec les yeux ronds et brillants, les joues roses et le sourire béat. Totalement détestable... Yuri préférerait se faire battre à mort plutôt que de regarder quelqu’un de cette façon un jour, c’était ridicule.

Yuri fit un tour sur lui-même avant de se rapprocher de Viktor et de se stopper pile devant lui. Il le regarda un instant, et il s’en voulait de le trouver toujours aussi beau. Il n’avait même pas besoin de patiner pour être attirant, il représentait toute la beauté que ce monde pouvait créer.

Le blond n’avait pas envie de penser de cette façon, il voulait le détester intégralement, mais dès que son regard croisait le sien, trop de choses lui revenaient en tête, trop de souvenirs. Son admiration à son égard n’avait sans doute aucune limite, mais cela ne s’arrêtait malheureusement pas là. Pourquoi avait-il fallu qu’un jour ses sentiments se transforment de cette façon ? Ce n’était pas quelqu’un pour lui, il le savait.

C’était rageant.

-Tu veux peut-être que je t’apprenne comment on fait les Lutz ? T’as l’air d’avoir des difficultés...

Il lui servit un petit rictus moqueur avant de se reculer sans le quitter des yeux.

-Comment veux-tu que ça me motive de te battre si t’as ce niveaux sérieux ?

Parce qu’aujourd’hui encore, malgré tout ce qu’il pouvait ressentir à l’égard de Viktor, malgré tout ce qu’il pouvait attendre lui ou de leur relation, c’était quand même l’envie de le battre qui était la plus forte. Mais il ne pourrait avoir ce plaisir que s’il reprenait le patinage un jour, il ne voulait pas battre son poulain ou ses anciens records, il voulait le battre lui, sa personne.

Il voulait sentir son regard admiratif ne pas le lâcher.

Yuri voulait certainement trop de choses de la part de Viktor, tellement qu’il avait du mal de faire le tri. Ses envies et ses pensées se contredisaient les une set les autres, c’était ça qu’il détestait le plus, parce que cet homme lui faisait simplement perdre la tête.



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Viktor Nikiforov
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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Lun 19 Déc - 12:52


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Depuis combien de temps Viktor connaissait-il Yuri Plisetsky ? Oh… Pas loin d’une dizaine d’années au bas mot. Viktor était alors adolescent et Yuri, lui, faisait ses débuts sur la même patinoire que lui. Au début, ce n’était qu’un gosse parmi tant d’autres comme Viktor en croisait souvent dans les couloirs ou les vestiaires de la patinoire. Il fallait dire que la ville comptait un club de patinage artistique et de hockey sur glace assez actif. Surtout depuis que lui-même était devenu – à son insu – le représentant sur glace de la ville. Nombreux étaient les jeunes patineurs à vouloir s’identifier à lui et à avoir commencer le patinage pour lui ressembler. Si Viktor avait trouvé cela extrêmement déroutant au début, il avait fini par se prendre au jeu et il ne refusait jamais de prêter son aide aux novices ou à leurs professeurs dès qu’on lui en faisait la demande.

C’était aussi l’une des raisons pour lesquelles Viktor évitait de venir patiner lors des plages horaires d’ouverture publique. Il se faisait aborder toutes les deux minutes pour un conseil, une démonstration, un selfie…. Et en définitive il n’arrivait jamais à faire ce qu’il voulait et ce qui était réellement important pour lui : s’entrainer.

D’aussi loin que remonte sa rencontre avec Yuri, le jeune garçon avait toujours eut ce tempérament fougueux, rebelle et insolent. Viktor avait essayé bien de fois de gratter la vie du gamin pour essayer de trouver la faille qui pourrait expliquer ses emportements et sa colère permanente. Mais Yuri n’était pas du genre à se confier… Même à celui qu’il admirait. La seule chose que Viktor avait appris c’est que le jeune homme vivait la plupart du temps chez ses grands-parents qui l’élevaient comme leur propre enfant. Les parents de Yuri ? Ils n’étaient pas décédés… du moins pas que Viktor sache. Ils ne semblaient cependant pas avoir réellement de contact alors leur fils unique et c’était peut-être de là que venait tout le mal-être de l’adolescent qui paraissait perpétuellement en rage contre le monde entier… et contre Viktor tout particulièrement.

Yuri était incapable de prononcer un mot sympa à l’égard de son aimé. Ce dernier savait de source sure que Yuri l’admirait. Ou du moins qu’il admirait le patineur qu’il était. Il savait aussi que ce dernier s’était mis en tête de vouloir le surpasser. Cela ne dérangeait en rien Viktor qui prenait cette rivalité avec le sourire. S’il pouvait pousser Yuri à donner le meilleur de lui-même alors c’était parfait ! Il ne demandait rien de plus.

Mais quand même ! Il était agaçant à toujours montrer les dents. Viktor s’était toujours plu à comparer Yuri à un chaton. Rien à avoir avec les imprimés léopard ou panthère que le gosse aimait tant. Non…. S’il l’appelait ainsi, c’est parce que Yurio était aussi mignon qu’un bébé chat ! Il avait envie de mordre, de griffer et de passer pour un grand mais chacune de ses attaques n’était que de frêles mordillements inoffensifs qui le rendaient encore plus adorable qu’il ne l’était déjà

Et justement, le chaton en question ne se priva pas de venir essayer de tacler son ainé lorsque ce dernier ne réussit pas à passer un simple Lutz qu’il aurait exécuté auparavant les doigts dans le nez. Avec ou sans échauffement.

-Le grand Viktor Nikiforov aurait-il perdu de sa superbe ? Echauffe-toi avant de vouloir faire ton malin...


Viktor soupira avant de sourire. Se faire donner des conseils par un gosse de treize ans son cadet c’était quand même la meilleure de l’année. Mais pour une fois, il n’avait pas tout à faire tors. Bien que Viktor soit parfaitement conscient du fait que son saut loupé n’avait rien à voir avec un échauffement mis de côté.

Glissant avec lenteur sur la glace, Viktor commença à étirer ses bras et son cou. Il se demandait pourquoi Yurio était présent à la patinoire de si bonne heure. Il était certain que Yakov allait péter une case s’il venait à l’apprendre. Yurio n’était encore qu’un enfant en pleine croissance et à ce titre il devait ménager son corps et son sommeil. Sans le vouloir, Viktor devenait complice des agissements de Yurio. Pour son propre bien il aurait dû le saisir par le bras et le dégager de la patinoire en lui ordonnant de rentrer chez lui se reposer. Bah… Allez… Pour une fois ça allait passer. Mais si Yurio lui refaisait un coup similaire, Viktor se faisait la promesse de le raccompagner chez ses grands-parents de gré ou de force !

-Il ne le sait pas, et tu as intérêt de garder ça pour toi...Je n’ai pas envie qu’il me tienne la grappe pendant une heure...

Viktor rejoignit le bord de la patinoire et un attrapa sa tasse de café. Il en but quelques gorgées avant de reporter son attention sur Yuri

« Tu n’es pas raisonnable. Combien de fois il faudra te répéter que le repos fait aussi parti des bases d’un entrainement sain. Surtout à ton âge. Je te couvre pour cette fois. Mais ça sera la seule et unique. »

Au moins les choses étaient claires et Yuri savait à quoi s’attendre si l’envie d’une prochaine séance de patinage matinale venait à lui prendre. Viktor avait toujours été un garçon extrêmement social et sympathique. Mais il pouvait aussi se montrer têtu quand la situation le requérait. Vous pouvez demander à Yuri Katsuki, il vous le confirmerait sans l’ombre d’un doute ! Sur la glace, ce que Viktor Nikiforov veut, Viktor l’obtient. La seule et unique chose qu’il n’avait pas réussi a obtenir était de faire gagner la médaille d’or à Yuri…..

-Tu n’as pas répondu à ma question... Pourquoi tu es là ? Et tout seul en plus... Ton porcelet veut plus de toi ?

Aie…. Ça faisait mal…. Viktor ne savait pas ce qui était le plus douloureux. La question de Yuri ou la façon acerbe qu’il avait eu de lui balancer à la face une cruelle réalité. Il n’y avait pas à dire. Yurio était doué pour trouver la corde sensible avec laquelle faire vaciller le cœur des gens. Viktor avait cru le sien réduit en miettes et incapable de ressentir plus de douleur qu’il en ressentait déjà en permanence. Mais c’était sans compter sur l’intervention habile et cruelle de son cadet.

Mentir ou dire la vérité ? De toute façon, Yurio finirait bien par l’apprendre s’il n’était pas déjà au courant et avait dit ça uniquement pour l’embêter. Ou par vengeance.

« Tu as vu juste. Yuri ne veut plus de moi…. Et cesse de l’appeler comme ça. Il a un prénom et tu n’as aucune excuse pour ne pas t’en rappeler »

Viktor reposa sa tasse sur laquelle ses doigts s’étaient crispés. Il se mit à patiner d’abord lentement puis de plus en plus vite

« Je suis venu ici pour me changer les idées. Mais c’est plutôt à moi de te poser la question. Qu’est ce que tu fabriques ici Yurio ? Si tôt en plus ? Te connaissant tu n’as même pas prévenu ton grand-père… Tu iras lui téléphoner tout à l’heure pour lui expliquer »

La vitesse de Viktor se fit de plus en plus rapide avant qu’il retente le fameux lutz. Un triple… c’était déjà mieux au niveau du nombre de tour mais une nouvelle fois le pied de réception manqua d’équilibre et il dut poser la main au sol pour éviter la chute. Viktor serra les dents en se redressa. Son esprit était trop obsédé par Yuri pour réussir à se concentrer correctement sur autre chose.

Yurio arriva soudainement devant lui et Viktor du freiner en utilisant les crans situés à l’avant de son patin droit pour s’arrêter à temps à éviter la collision

-Tu veux peut-être que je t’apprenne comment on fait les Lutz ? T’as l’air d’avoir des difficultés...

Viktor ne put s’empêcher de sourire puis de rire. Vouloir se faire apprendre son métier par un gamin c’était un comble ! Il n’était pas du genre à se sentir supérieur mais la façon hautaine avec laquelle Yurio venait de lui parler était tout simplement irrésistible. Viktor lui adressa son plus joli sourire avant de poser sa main sur sa tête pour frotter légèrement ses cheveux

« Je te remercie de tant de sollicitude mais je pense pouvoir me débrouiller »

D’un large geste du bras il lui désigna l’étendue de la patinoire

« Mais je t’en prie, si tu veux me faire une démonstration je ne suis pas contre ! »

Viktor se décala sur le côté dans l’hypothétique possibilité où Yurio allait effectivement lui montrer ses fameux Lutz dont il semblait si fier

-Comment veux-tu que ça me motive de te battre si t’as ce niveau sérieux ?

Le sourire de Viktor s’effaça presque aussitôt après cette phrase. Il prit une inspiration avant de retourner au centre de la glace pour patiner simplement, sans réfléchir et sans réelle cohérence dans ses pas

« Pour me battre il faudrait encore que je reprenne la compétition … Or, je suis désolée de t’avoir vendu de faux espoirs, mais je ne suis pas là pour ça »


Il ferma les yeux tout en laissant ses jambes l’entrainer presque malgré lui

« La compétition… le patinage… c’est fini pour moi. Tu as déjà battu mon record lors de ton programme court. Tu devras te contenter de ça ou te trouver de nouveaux rivaux. Pour moi… »

Il marqua une pause puis stoppa ses patins avant de le regarder

« Pour moi le patinage s’est terminé à tout jamais depuis cette matinée à Barcelone »




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Yuri Plisetsky
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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Mar 20 Déc - 13:24

Froides retrouvailles
● feat. Viktor Nikiforov ●


Yuri avait de la chance.

Cela faisait un certain moment qu’il forçait un peu trop son entrainement qui n’avait plus rien de raisonnable. Déjà avec Lisa, ce dernier était aux limites de ce que son corps pouvait supporter, mais si même cela ne l’avait pas fait gagner, le blond pensait qu’il devait en faire encore plus.

Ce n’était pas la première fois qu’il venait si tôt, profitant de l’oublie de la concierge ou d’une entrée un peu frauduleuse par la fenêtre pour patiner toujours plus longtemps.

Il avait déjà reçu des avertissements de la part de son coach, et même de ses grands-parents, mais rien n’y faisait, c’était la seule façon pour lui de se sentir épanouis. Lorsqu’il ne patinait pas, il avait l’impression de perdre d=son temps et de le gâcher à faire autre chose. Yuri était plus ou moins dans une sorte de tourbillon depuis sa défaite qu’il n’arrivait pas à se sortir de la tête, sans comprendre qu’il compromettait ses chances plus qu’autre chose.

Oui, il avait de la chance, parce que malgré ce rythme infernal il ne s’était pas encore blessé mais il n’était pas à l’abri que cela arrive bientôt. Surtout à son âge et vu sa corpulence, les conséquences pourraient être fatale pour sa carrière, voir pour sa vie en règle générale.

-Tu n’es pas raisonnable. Combien de fois il faudra te répéter que le repos fait aussi parti des bases d’un entrainement sain. Surtout à ton âge. Je te couvre pour cette fois. Mais ça sera la seule et unique

Yuri soupira en commençant à faire quelques pas en arrière sur la glace sans quitter son vis-à-vis du regard.

-C’est bon c’est pas comme si tu ne l’avais jamais fait toi non plus...

Yakov lui avait assez rabâché les oreilles avec ça d’ailleurs, citant donc le grand Viktor comme exemple à ne pas suivre. Il était beau à lui faire une pseudo morale alors qu’il ne faisait pas mieux au même âge, c’était assez hypocrite d’ailleurs... Si lui avait la mémoire courte il pouvait compter sur le vieux pour s’en souvenir et en faire partager tout le monde. Et ce serait bien qu’il change de disque à ce compte, parce que c’était vraiment lassant à force, enfin c’était sans doute le but escompter, ne plus le faire pour ne plus l’entendre.

Et puis ça voulait dire quoi ça « pour cette fois » ? Il comptait quand même pas ramener son cul ici tous les jours de la semaine quand même ? Manquerais plus que ça, cette patinoire n’était pas assez grande pour deux étoiles alors il avait qu’a aller voir ailleurs. Genre au Japon tiens voilà. Non mais...

Yuri sentit comme un froid –encore plus glacial que celui qui était déjà là- lorsqu’il évoqua la personne de Yuri Katsuki... C’était d’autant plus étonnant qu’en temps normal il se mettait à sautiller partout comme un cabris en criant à qui voulait l’entendre que le binoclard était génial et fantastique...

-Tu as vu juste. Yuri ne veut plus de moi…. Et cesse de l’appeler comme ça. Il a un prénom et tu n’as aucune excuse pour ne pas t’en rappeler.

Oh...Ben la voilà l’explication, Viktor s’était fait jeter comme une petite bouse.

-Ha je comprends mieux cette tête de six pieds de long... Tu lui servais à rien alors il t’a jeté... Pratique comme technique.


Yuri renifla un coup avant de tourner sur lui-même e regardant ses pieds. Bien qu’il était un garçon plutôt insolent et parfois insultant, ce n’était pas dans sa nature d’être aussi méchant. Mais à circonstances exceptionnelles, tout était permis, et le blond n’appréciait pas trop l’idée que quelqu’un d’autre que lui ne fasse du mal à Viktor.

C’était un peu hypocrite mais il avait aussi cette jalousie en lui qui ne cessait de le ronger et de rendre son comportement aux limites de l’acceptable.

S’il avait pu, le blond se serait simplement approché de son ainé pour le prendre dans ses bras, l’enlaçant de toute la longueur de ses bras pour lui apporter un peu de chaleur et de soutiens, mais il ne se permettait pas de se montrer ainsi. Il était trop fier, et il avait trop peur de se faire rejeter surtout.

-Je suis venu ici pour me changer les idées. Mais c’est plutôt à moi de te poser la question. Qu’est ce que tu fabriques ici Yurio ? Si tôt en plus ? Te connaissant tu n’as même pas prévenu ton grand-père… Tu iras lui téléphoner tout à l’heure pour lui expliquer.

-Ben ça se voit non ? J’suis venu patiner pas tricoter...

L’adolescent leva les yeux au ciel avant de soupirer.

-J'arrivais pas à dormir... Et il dormait encore quand je suis parti, je n’allais pas le réveiller pour ça, surtout qu’il s’est couché tard hier soir...

Le pauvre homme avait toujours quelque chose à faire à la maison, et des fois il l’entendait aller se coucher à des heures pas possibles. Cela l’attristait un peu mais son grand-père ne le laissait pas l’aider dans les tâches prétextant qu’il avait déjà assez à faire pour lui-même.

Et des fois, Viktor lui faisait penser à son grand-père, avec cette façon de lui caresser les cheveux sur le haut du crâne. C’était quelque chose qu’il faisait depuis sa plus tendre enfance et qui ne manquait pas de faire rougir Yurio. A croire que l’argenté le savait puisqu’il prenait un malin plaisir à le faire à chaque fois. Et avec son sourire angélique en plus, c’était hors compétition ça...

-Je te remercie de tant de sollicitude mais je pense pouvoir me débrouiller... Mais je t’en prie, si tu veux me faire une démonstration je ne suis pas contre !

-Si tu y tiens...


Yurio lui fit un petit sourire, le premier de la journée, il était bien décider à lui montrer son plus beau saut si cela pouvait l’impressionner rien qu’un peu. Et puis au moins il aurait son avis, cela comptait beaucoup pour le plus jeune.

Le blond fit donc un petit tour de piste pour prendre de l’élan et il s’élança pour effectuer un triple lutz parfait. Mince, il avait l’intention d’en faire un quadruple, mais sans doute le stress de sentir le regard de Viktor sur lui... Enfin au moins ce dernier avait été bien fait, il n’aurait pas eu la honte s’il l’avait loupé...

-Voilà prends-en de la graine...

Yuri lui servit un petit sourire en coin avant de tourner autour de lui, et de s’arrêter net quand il l’entendit prononcer ces mots.

-Pour me battre il faudrait encore que je reprenne la compétition … Or, je suis désolée de t’avoir vendu de faux espoirs, mais je ne suis pas là pour ça... La compétition… le patinage… c’est fini pour moi. Tu as déjà battu mon record lors de ton programme court. Tu devras te contenter de ça ou te trouver de nouveaux rivaux. Pour moi… Pour moi le patinage s’est terminé à tout jamais depuis cette matinée à Barcelone

Hein... ? C’était une blague ? Une vaste et sombre blague n’est-ce pas ? Il n’avait pas le droit de faire ça, ce n’était pas possible ni même imaginable.

-Je te demande pardon ? T’es vraiment sérieux quand tu dis ça ? Tu te fou de ma gueule ?

Les sourcils du blond se froncèrent tellement qu’ils étaient sans doute près à se rejoindre et il s’avança en quelques enjambées vers celui qui fut son idole.

-T’as pas le droit ! Tu...Tu peux pas arrêter le patinage ! J’en ai rien à foutre de ton ancien record tout périmé... Moi...Je veux te battre toi... Je veux... Je veux concourir avec toi... Te voir...patiner encore...

Il sentait son cœur se serrer douloureusement. Ce n’était pas possible que Viktor arrête définitivement le patinage. Pendant un moment afin d’entrainer son porcelet, c’était une chose, mais il n’avait jamais été question qu’il stoppe tout suite à ça.

Outre le fait qu’il perdait un rival, Yurio perdait aussi sa plus grande inspiration, son idole, et la raison même qui l’avait poussé à se mettre au patinage. Il n’était pas question qu’il ne revois plus l’argenté briller sur la glace.

-Pourquoi tu veux arrêter ? Parce que t’es devenu nul ? Prce que t’as peur de trouver plus fort que toi ? C’est quoi ta putain de raison ?!

Il s’approcha encore de Viktor jusqu’à se trouver sous son nez et de lui aboyer dessus.

-Tu vas m’abandonner encore une fois ? T’en a...T’en a pas marre d’être qu’un égoïste comme ça ?

Et voilà, il sentait les larmes monter maintenant...



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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Mer 21 Déc - 22:34


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Viktor était bien mal placé pour faire la morale à Yuri sur sa présence si matinale à la patinoire. Son camarade russe avait raison. Quand Viktor avait environ le même âge, c’est lui qui fuguait de la maison pour venir en douce se réfugier ici. Echappant au regard courroucé de Yakov, il s’entrainait sans relâche aux différents sauts qui lui étaient interdits. Pourquoi n’avait t-on pas le droit de réaliser des quadruples quand on est adolescent ? Pour préserver son choc des éventuelles chutes ? Pour préserver les articulations des jambes de la secousse forte créée par la réception ? Mais Viktor s’en fichait de tout ça ! Lui, ce qu’il voulait, c’était patiner. Encore et encore et encore….. Ce qu’il voulait c’était apprendre. Sa soif de connaissance et de perfectionnement était intarissable. Il voulait toujours plus. Toujours.

Yakov avait été le tout premier à découvrir l’étendu du talent de Viktor. Il avait été le premier témoin de son don particulier pour le patin à glace. Il avait immédiatement vu que ce gosse à la longue chevelure d’argent n’était pas commun. Il avait quelque chose que personne d’autre ne possédait. Le génie. Le prodige. Le don…. Appelez ça comme vous voulez.

Ceux qui pensaient qu’il suffisait à Viktor de voir un saut ou un enchainement pour être capable de le reproduire instinctivement se mettaient le doigt dans l’œil ! Viktor, comme tout le monde, devait s’entrainer. Il avait bien plus de facilité certes, mais il n’avait pas gagné ses médailles d’or avec facilité non plus. Derrière son palmarès se cachait un réel travail et une abnégation de soi bien souvent oubliée. A l’âge où les jeunes se retrouvent entre amis après les cours pour jouer aux jeux vidéos ou regarder des séries à la télé, Viktor lui, s’abimait les pieds sur la glace. Sa vie toute entière avait été forgée autour du patinage. Il n’avait jamais possédait beaucoup d’ami, au grand désespoir de ses parents qui auraient tant voulu le voir troquer, du moins quelques instants, ses patins contre de vrais copains.

Viktor ne connaissait que trop bien tout ce que Yuri vivait. Il était passé par là. Les mêmes envies, les mêmes doutes, la même motivation…. Les mêmes absences…. A 27 ans, Viktor prenait conscience que n’avoir pas eu réellement d’ami durant sa jeunesse lui avait manqué. A force de tout vouer au patinage, il avait parfois l’impression d’être passé à côté de l’essentiel et c’est ce qu’il voulait éviter à Yuri. Ca… et préserver sa santé. La fatigue, il n’y avait pas plus dangereux et perfide. Une fraction de seconde d’inattention ou de faiblesse pouvait faire la différence entre une bonne chute et une mauvaise. Le genre de chute qui peut sonner le glas d’une carrière. Yuri ne serait pas le premier à en faire la douloureuse expérience. Il ne serait pas le dernier non plus…

« C’est justement parce que j’ai fait la même chose que toi que je sais de quoi je parle. Ne te sens pas obligé de me copier même pour les erreurs… Tu devrais profiter de ta jeunesse plutôt que de venir t’enfermer ici… »

Viktor soupira tout en continuant de patiner tranquillement. Le bruit des lames déchirant la glace lui était agréable. C’était un son qu’il aimait bien. Tout comme celui que faisait les patins lors d’un boucle piqué. Ce frappement caractéristique. Viktor entreprit d’ailleurs de se lancer dans ce saut. Un triple boucle piqué qu’il se surprit presque à passer sans tomber ni mettre la main pour se réceptionner. Ca le rassura un peu de constater qu’il lui restait un minimum de savoir faire

-Ha je comprends mieux cette tête de six pieds de long… tu ne lui servais plus à rien alors il t’a jeté… pratique comme technique.


Viktor serra les dents. Est-ce vraiment ce que le Yuri japonais pensait de lui ? Il l’avait utilisé pendant huit mois pour finalement l’éjecter dès qu’il n’avait plus d’utilité. Un peu comme on jete un vieux mouchoir usagé ? Pourquoi Yurio se sentait-il obligé de se montrer aussi désagréable avec lui ? Qu’il n’aime pas Yuri était une chose. Mais qu’il se serve de lui comme fer de lance pour atteindre le cœur de Viktor était cruel. Vraiment.

La voix de Viktor était un peu plus faible. Comme s’il essayait de se convaincre lui-même de ses paroles

« Ne parle pas de ce que tu ne sais pas… Yuri ne m’a pas jeté… C’est moi qui ai été incapable de l’aider. Normal qu’il cherche un meilleur coach. Tu aurais fait la même chose à sa place. »

Pour Viktor dans sa tête c’était clair : si Yuri ne voulait plus de lui c’est parce qu’il n’avait pas été à la hauteur de sa fonction d’entraineur. Il était peut-être, sans doute même, le meilleur patineur de sa génération. Mais en tant que coach il ne valait pas un clou.

Les yeux de Viktor ne lâchent par la silhouette de Yuri quand ce dernier lui montra toute l’étendue de son talent. Son quadruple Lutz était d’une rare perfection. Il y avait tant de grâce, tant de souplesse et en même tant une légèreté si pure. Yurio était bien le seul à pouvoir patiner de cette façon. Un peu comme un ange. Et c’était d’autant plus amusant lorsque l’on connaissait le caractère diabolique de ce prétendu ange. Le contraste était saisissant et c’était peut-être ce qui rendait son patinage encore plus envoutant

Mais lorsque Viktor lui fit part de son désir d’arrêter définitivement le patinage, la réaction de l’adolescent ne tarda pas à se faire savoir. Viktor le vit changer de visage avant qu’il le rejoignît en trombe et de se planter juste devant lui avec un air menaçant. Ses yeux verts lançait des éclairs remplis de haine à l’encontre de son ainé qui n’avait pourtant pas cillé. Viktor était habitué aux élans de fureur de Yuri. Depuis qu’il le connaissait, Viktor le considérait un peu comme son petit frère… C’était un gosse qu’il voulait protéger, qu’il voulait aider, qu’il voulait pousser à donner le meilleur de lui-même. Il pensait avoir réussi en aidant Yuri Katsuki. Cela avait eu le don de vouloir rendre Yurio encore meilleur ! Cela avait boosté sa compétitivité à son sommet. Mais maintenant que cette époque était révolue, Viktor ne se sentait tout simplement plus capable de trouver l’envie de patiner… Loin de Yuri… c’était impossible…

-T’as pas le droit ! Tu...Tu peux pas arrêter le patinage ! J’en ai rien à foutre de ton ancien record tout périmé... Moi...Je veux te battre toi... Je veux... Je veux concourir avec toi... Te voir...patiner encore..


Viktor glissa un peu en marche arrière, cherchant à mettre de la distance entre lui et Yuri. L’adolescent aboyait beaucoup mais il n’était pas de nature violente malgré tout. Viktor n’avait pas peur de se prendre un coup. Il voulait simplement, lâchement, échapper à son regard rempli de tristesse et de reproche


-Pourquoi tu veux arrêter ? Parce que t’es devenu nul ? Prce que t’as peur de trouver plus fort que toi ? C’est quoi ta putain de raison ?!

« Ca ne te regarde pas Yuri. »

Et c’était vrai. Qu’importe ce que pensait le plus jeune, rien de tout cela ne le concernait personnellement. C’était sa carrière, son choix, sa vie ! Yuri n’avait rien à y redire. De quel droit de pensait-il capable de lui interdire quoi que ce soit !

De nouveau planté sous son nez, le regard du jeune blond semblait se flouter de larmes. Il était sur le point de pleurer ? Viktor ne l’avait jamais vu dans un tel état émotionnel. Yuri était encore un jeune patineur. Perdre celui qui fut jadis son modèle devait constituer un choc pour lui.

-Tu vas m’abandonner encore une fois ? T’en a...T’en a pas marre d’être qu’un égoïste comme ça ?


Viktor était saisit par la puissance de ses mots. C’est vrai qu’il était égoïste. Il l’avait toujours un peu été. Sans doute un de ces défauts principaux. Il était fils unique et cela faisait sans doute parti de cette facette de sa personnalité. Egoïste… Il l’avait été quand il avait choisi de tout claquer pour rejoindre Yuri Katsuki. Il lui avait imposé sa présence tout comme il avait, effectivement, abandonné Yurio et Yakov…

Il eut juste à tendre les bras pour prendre Yuri contre lui, l’enlaçant dans une étreinte qu’il espérait affectueuse, protectrice. Peut être fraternelle ? Qu’était-il vraiment pour lui ? Viktor ne s’était jamais posé la question. Tout comme il n’avait jamais réalisé la tristesse dans laquelle son départ avait peut être plongé le jeune homme. Il était parti à un moment de sa vie où Yuri aurait sans doute eut le plus besoin de lui. Avec son passage chez les séniors, il changeait de classe et affrontait de nouveaux visages, de nouveaux concurrents, de nouvelles difficultés. Yuri avait sans doute dû compter sur la présence de Viktor à ses côtés. Il avait peut être espéré bénéficier de ses conseils, de ses sourires, de ses rires…

Au lieu de tout ça, Viktor était parti sur un autre continent. Alors il avait raison… Raison sur toute la ligne même. Viktor l’avait bel et bien abandonné mais il n’en prenait conscience qu’à l’instant même. Malheureusement pour lui, les éclats de voix de Yuri et ses larmes débordant de ses yeux ne suffiraient jamais à le faire revenir en arrière. Sa décision était prise. La seule personne qui pourrait le faire changer d’avis n’en avait désormais plus rien à faire de lui. Qu’il passe des nuits blanches à ne penser qu’à lui. Qu’il revoie sans cesse son visage à chaque fois qu’on lui disait le mot « patinage ». Qu’il sente encore son cœur se serrer dès qu’il voyait la bague à son doigt ajusté… Rien ni aucune de ses action n’arrivaient à faire changer Yuri de décision… A des milliers de kilomètre de lui, Yuri poursuivait sa vie. La seule et unique chose que Viktor pouvait faire était d’espérer qu’il soit heureux… dans les bras d’un autre peut être.

Viktor se sentait abandonné… de la même manière que Yurio devait le ressentir également. Il aurait pu tout simplement continuer à patiner et à reprendre sa carrière comme beaucoup de gens l’espéraient. C’était trop… Bien trop lui demander. Viktor ne pouvait pas… C’est comme ca…

« Je n’ai jamais voulu t’abandonner. Jamais…. Mais tu as raison sur un point : j’ai toujours été égoïste. Toujours à en faire qu’à ma tête sans prendre en compte ce que cela impliquait pour mon entourage »

Viktor défit son étreinte sur Yuri. Il se recula de nouveau alors que ses bras retombèrent le long de son corps.

« Tu penses que je suis parti au Japon uniquement par caprice personnel pour satisfaire, peut etre, une envie égoïste de jouer à l’entraineur ? En aidant Yuri, je t’a aidé aussi. Tu as voulu te surpasser pour le battre. »

Il haussa les épaules un instant

« Je n’ai pas la prétention de te faire croire que tout ce que j’ai fait était dans ton intérêt. J’ai servi l’intérêt de Yuri avant les tiens. Parce que contrairement à lui, tu n’as pas besoin de moi pour briller sur la glace. Tu es déjà une étoile…. Tu scintilles et envoutes ton monde sans t’en rendre compte »

C’était finalement une mauvaise idée de venir patiner ici…. Viktor avait envie de s’en aller rapidement. Lui qui s’était toujours appliqué à montrer une image de lui positive à Yurio était en train de tout ficher en l’air.

« Et tu continueras à patiner de cette merveilleuse façon qui est la tienne sans que je sois dans les parages pour te faire de l’ombre »

Le regard bleu turquoise de Viktor chercha celui de Yuri. Il s’y accrocha un moment avant de se perdre dedans

« N’en as-tu pas marre que tout le monte te compare à moi ? Qu’est-ce que vous avez tous à vouloir me ressembler ? Regarde un peu. Je suis loin d’être le patineur parfait que tout le monde veux que je sois. C’est qu’un rôle, une image, un mirage. Je suis égoïste. Lâche. Opportuniste. Tu finiras bientôt à t’en rendre compte, tout comme Yuri Katsuki. Et c’est toi qui me tourneras le dos sans aucun remord ni regret. Je ne veux plus de tout ça. Je ne veux plus patiner. C’est terminé… »



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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Lun 26 Déc - 23:27

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Yurio n’avait pas tellement d’amis...

En fin de compte, il n’en avait pas du tout en dehors du patinage. Et encore, tous n’étaient pas ses amis dans le milieu, au contraire, étant donné qu’il prenait un malin plaisir à être désagréable avec ses adversaires. En fin de compte il n’avait peut-être qu’Otabek pour être réellement son ami, mais ce dernier se trouvait dans un autre pays et était sans doute en train de savourer sa victoire.

Et au lycée ? Haha... Déjà, Yurio n’y étais quasiment jamais, il avait la chance de pouvoir suivre la moitié des cours à distances afin que ses déplacements pour les concours ou autre n’entravent pas ses études, mais le temps qu’il passait dans l’établissement lui semblait être une réelle perte de temps. Mais bon, à 15 ans il était bien obligé de s’instruire un peu, même s’il voulait vivre du patinage plus tard il ne voulait pas être un idiot fini...

Seulement voilà, là-bas, il ne parlait personne. Soit c’étaient les gens qui ne voulaient pas aller vers lui, déjà à cause de sa notoriété, c’était quelque chose d’assez impressionnant, ou alors parce qu’il ne donnait vraiment pas envie qu’on vienne lui taper la discute... Il n’avait pas l’air commode si vous voyez ce que je veux dire... Et tout ceci lui convenait parfaitement, car il n’aimait pas les gens.

Du moins, il ne leur trouvait pas assez d’intérêt pour qu’il daigne penser à autre chose qu’au patinage.

Parce que le patinage était réellement toute sa vie, sa passion. Cela représentait sa principale activité, son échappatoire, ses amies, ses amours, ses emmerdes. C’était sa vie, ce qui le faisait avancer, ce qui le faisait sourire, ce qui le faisait tenir debout.

-C’est justement parce que j’ai fait la même chose que toi que je sais de quoi je parle. Ne te sens pas obligé de me copier même pour les erreurs… Tu devrais profiter de ta jeunesse plutôt que de venir t’enfermer ici...

-Je ne te copie pas...arrête de croire que ma vie tourne autour de ta petite personne. Et si j’ai envie de profiter de ma jeunesse ici c’est pas toi qui va m’en empêcher...


Parce que de toute façon Yuri ne savais pas faire autre chose que patiner. C’était sa façon à lui de profiter de la vie, il n’avait que faire des sorties entre copains pour aller boire un verre... Etant donné qu’il n’en avais pas... Il s’en fichais des jeux vidéos ou de passer du temps devant la télé, c’était nul à chier...

Et son petit mensonge aussi était bien nul à chier... Evidemment que sa vie tournait autour de Viktor, c’était évident et certainement que lui-même l’avait déjà compris. Peu importe ce qu’il faisait, tout revenait toujours à la même personne, l’argenté était partout, et Yurio essayait de faire en sorte que ce soit encore plus le cas, à chaque instant.

Et c’était pour ça que ça lui faisait aussi mal... De voir que l’homme de sa vie pouvait donner la sienne pour un autre...

-Ne parle pas de ce que tu ne sais pas… Yuri ne m’a pas jeté… C’est moi qui ai été incapable de l’aider. Normal qu’il cherche un meilleur coach. Tu aurais fait la même chose à sa place.

-Toi non plus ne parle pas de ce que tu ne sais pas... Je me serais donné tellement de mal pour que tu m’entraine...que même si tu avais été nul je t’aurais gardé... Mais bon il peut pas comprendre lui, vu qu’il n’a rien eu à faire pour te mériter...


Et la jalousie était clairement palpable dans ses paroles.

Bordel ce que c’était douloureux. Ce n’était même pas le fait que son amour ne soit pas réciproque le pire, ça.... Il s’y était fait, mais c’était de constater avec quelle ardeur Viktor pouvait aimer et chérir le Yuri japonais, qui de son côté n’en voulais même plus. Il avait l’impression de s’être fait volé son bien le plus précieux, pour qu’on le brise et l’écrase devant ses yeux.

Et le pire, c’est qu’il n’arrivait pas à détester Yuri pour ça, ce n’était qu’envers Viktor que sa haine se mélangeait à l’amour et l’admiration qu’il lui portait. C’était trop, beaucoup trop pour un simple adolescent de 15 ans, il en avait marre...il était fatigué de cette relation.

Et le problème, c’est que Viktor avait raison lorsqu’il disait que sa vie ne le regardait pas. Le blond avait conscience de trop s’en mêler, de trop essayer d’en faire partie. Il l’aimait tellement aussi... Et l’argenté n’était absolument pas réceptif à ses attentions, ses questions, ses besoins, Yuri avait parfois l’impression d’être invisible, de ne pas exister à ses côtés. Et c’était encore pire maintenant que tout le monde de Viktor était occupé par son porcelet, il n’y avait pas assez de place pour deux Yuri.

Et c’était encore pire quand il sentit son étreinte se resserrer autour de son corps plus frêle que jamais. Il avait l’impression que c’était comme un câlin avant un départ, peut-être encore un nouvel abandon. Il allait surement repartir au Japon tiens, et filer des jours heureux dans un onsen avec l’autre binoclard. Malheureusement pour sa fierté, il n’arrivait pas à se détacher de cette douce emprise autour de lui. C’était la chaleur de Viktor, elle était douce et rassurante et Yuri avait le sentiment qu’il ne pourrait jamais s’en priver.

-Je n’ai jamais voulu t’abandonner. Jamais…. Mais tu as raison sur un point : j’ai toujours été égoïste. Toujours à en faire qu’à ma tête sans prendre en compte ce que cela impliquait pour mon entourage.

Comme il le redoutait, le corps de Viktor s’éloigna du sien, le laissant tenir de lui-même. C’était difficile de rester debout, et de devoir entendre de telles paroles... Pourquoi avait-il fallu que Viktor soit là ce matin, Yuri avait simplement envie de patiner en arrivant, pas de souffrir autant et de se faire briser de la sorte, une fois de plus.

- Tu penses que je suis parti au Japon uniquement par caprice personnel pour satisfaire, peut être, une envie égoïste de jouer à l’entraineur ? En aidant Yuri, je t’ai aidé aussi. Tu as voulu te surpasser pour le battre. Je n’ai pas la prétention de te faire croire que tout ce que j’ai fait était dans ton intérêt. J’ai servi l’intérêt de Yuri avant les tiens. Parce que contrairement à lui, tu n’as pas besoin de moi pour briller sur la glace. Tu es déjà une étoile…. Tu scintilles et envoutes ton monde sans t’en rendre compte...


C’était ridicule.

Pourquoi Yuri devait il être au bord du gouffre pour recevoir ces compliments qu’il avait attendu pendant presque 10 ans ? Pourquoi c’était maintenant que Viktor lui donnais ce qu’il désirait, maintenant que c’était trop tard. Sa cruauté n’avait-elle donc aucune limite ?

-Et tu continueras à patiner de cette merveilleuse façon qui est la tienne sans que je sois dans les parages pour te faire de l’ombre

-Comment veux-tu que je sois au summum de mon art si je n’ai personne à dépasser ? C’est bien trop facile d’être l’arbre le plus grand dans une forêt décimée...


Parce que pour Yuri, les autres patineurs n’étaient rien, il n’y avait que Viktor qui était à dépasser, les autres ne comptaient pas réellement, ce n’était que des miettes. Des fourmis qu’il pouvait écraser si son envie était assez forte.

-N’en as-tu pas marre que tout le monte te compare à moi ? Qu’est-ce que vous avez tous à vouloir me ressembler ? Regarde un peu. Je suis loin d’être le patineur parfait que tout le monde veux que je sois. C’est qu’un rôle, une image, un mirage. Je suis égoïste. Lâche. Opportuniste. Tu finiras bientôt à t’en rendre compte, tout comme Yuri Katsuki. Et c’est toi qui me tourneras le dos sans aucun remord ni regret. Je ne veux plus de tout ça. Je ne veux plus patiner. C’est terminé…

-Je m’en suis déjà rendu compte...


Yuri baissa les yeux en y repensant, c’est vrai qu’il le savait... Sans doute qu’il avait été témoin de la pire facette de Viktor, qui pourtant constitue un de ses souvenirs les plus précieux...

-Je sais à quel point tu peux être horrible... Et le pire c’est que je suis le seul de nous deux à m’en souvenir...

Le blond releva la tête vers le plus vieux alors que les larmes coulaient enfin, c’était sans doute la pensée de trop. Il hésita un instant, mais au point où il en était, il pouvait bien lui dire maintenant. De toute façon il ne voulait pas emporter ce secret dans sa tombe, il se devait de le lui faire partager, ne plus être le seul à en souffrir.

De quelques coups de patins il revint devant Viktor et planta son regard dans le sien, sérieusement, sans colère cette fois, simplement une profonde tristesse.

-Je sais que tu ne t’en souviens pas... Mais après le banquet du Grand Prix l’année dernière... Tu n’es pas directement rentré dans ta chambre...tu as fait un détour par la mienne...

Yuri fit un léger sourire triste en y repensant, quand il est venu lui ouvrir sa porte de chambre et que le Russe lui a sauté dessus pour un calin...

-Tu es resté un moment à me caliner comme un nounours...en disant que j’étais un petit chaton... Jusqu’à... Jusqu’à ce que tu m’embrasse... Je t’avoue que j’ai pas trop compris au début, mais je me suis laisser faire... J’me suis senti tellement bien, j’avais enfin l’impression que tu m’avais compris...

Yuri s’essaya les joues d’un mouvement de bras et renifla sans aucune finesse.

-Et la suite est allée beaucoup trop vite... J’ai à peine eu le temps de réagir qu’on était déjà en train de se donner l’un a l’autre... On était deux à être ivre ce soir là... toi de champagne et moi d’amour...



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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Mar 27 Déc - 10:21


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Pour Viktor, le patinage avait toujours été un exutoire. C’était une échappatoire. Un refuge. C’était la seule chose capable de lui donner le sourire, de le remplir, de lui apporter de telles sensations. Ces chorégraphies tant appréciées n’étaient que le reflet de son cœur. C’était une façon de se livrer, de se confier un peu. Certains écrivent un journal intime pour vider leur trop plein émotionnel, Viktor, lui, dansait sur la glace pour obtenir le même résultat.

C’était peut-être le secret de sa réussite. C’était peut-être pour cela que ses programmes avaient tant de succès. Parce qu’il était du genre à patiner avec son âme, ne se souciant qu’en second lieu des notes qu’il allait obtenir. Et aussi insolite que cela puisse paraitre, c’est ce qui lui offrait la victoire à chaque fois. Il envoutait. Il ensorcelait. Il subjuguait sans même s’en rendre compte ni même le désirer.

-Je ne te copie pas...arrête de croire que ma vie tourne autour de ta petite personne. Et si j’ai envie de profiter de ma jeunesse ici c’est pas toi qui va m’en empêcher...


Et c’est pourtant ce que Viktor avait en tête : l’empêcher de passer toutes ces heures libres ici, sur la glace, coupé de ce que devrait elle la vie sociale d’en adolescent de 15 ans. Il était prés à se faire détester de Yuri pour ça. Mais il ne le laisserait pas – plus – noyer ses journées entières sur la patinoire. Parce qu’en définitive ce n’était pas sain. La glace n’offrait qu’un semblant de réconfort. Et dans les moments les plus sombres, elle ne lui offrirait pas une épaule sur qui s’appuyer. Elle ne serait pas là pour l’écouter, le conseiller, le rassurer. Froide et indifférente, la glace se contenterait de le laisser seul avec ses tourments… Viktor le savait que trop bien, surtout en ce moment.

-Toi non plus ne parle pas de ce que tu ne sais pas... Je me serais donné tellement de mal pour que tu m’entraine...que même si tu avais été nul je t’aurais gardé... Mais bon il peut pas comprendre lui, vu qu’il n’a rien eu à faire pour te mériter...

Viktor avait soudainement l’impression d’être un bout de viande que se déchirait deux charognes. Cette image n’était pas des plus plaisantes même si elle aurait dû flatter son égo. Au lieu de ça, ça ne faisait que l’enfoncer davantage dans les sombres ténèbres qui l’enveloppaient depuis que Yuri Katsuki l’avait éjecté de sa vie comme un malpropre. Est-ce qu’il s’était trompé de personne ? Est-ce que les choses auraient tournées différemment s’il avait été l’entraineur de Yuri ? Bien sure que ça aurait été différent. Il avait sauvé le Yuri japonais. Quand il s’était pointé comme une fleur à Hasetsu, Yuri était sur le point d’abandonner le patinage définitivement. Il l’aurait fait si Viktor le lui avait pas tendu la main pour l’aider à se relever. Il aurait peut-être mieux valut qu’il reste ici, en Russie… Ca lui aurait épargné bien des soucis et des souffrances. Parce que maintenant, celui qui abandonnait le patinage, c’était lui, le champion du monde de cette discipline

-Comment veux-tu que je sois au summum de mon art si je n’ai personne à dépasser ? C’est bien trop facile d’être l’arbre le plus grand dans une forêt décimée...


Un très léger sourire étira les lèvres fines de Viktor. Un frisson le parcourut et il se rendit compte qu’il avait oublié d’allumer le chauffage. Il ne faisait jamais chaud dans une patinoire mais un système d’air ambiant permettait toutefois de pouvoir réchauffer légèrement les patineurs sans pour autant faire fondre la glace.

« Tu devrais redescendre sur terre …. Ta cinquième place aurait dû te faire comprendre que tu n’es pas l’arbre le plus haut de cette forêt. Tu trouveras toujours d’autres personnes à dépasser. Ton objectif maintenant c’est Otabek Altin. C’est lui le meilleur. Que ça te plaise ou non. Je ne suis plus qu’un fantôme qu’il te sera impossible d’affronter de nouveau »

Pourquoi Yuri s’accrochait à ce point à lui. Viktor n’aurait peut-être pas dû le prendre sous son aile comme il l’avait fait durant leurs premières années d’entrainement commun auprès de Yakov. Le jeune adolescent semblait avoir tissé une sorte de dépendance à son égard et Viktor n’en prenait conscience qu’a l’instant présent. Il ne réussissait pas à s’expliquer comment ce lien avait pu naitre entre eux. Et il ne savait pas non plus comment réussir à le couper sans que cela ne constitue un choc ou un traumatisme pour le gamin que Yuri était encore.

-Je sais à quel point tu peux être horrible... Et le pire c’est que je suis le seul de nous deux à m’en souvenir...

Viktor le regarda sans comprendre. Il haussa un sourcil interrogateur tout en essayant d’analyser cette dernière phrase. «  Il était le seul à s’en souvenir » ? Se souvenir de quoi ? Est-ce qu’il s’était passé quelque chose qui avait échappé au patineur russe et qui tenait visiblement à cœur à Yuri ? Si c’était le cas, Viktor s’en trouvait désolé, réellement.

En quelques enjambées Yuri se retrouvait de nouveau sous son nez. Les yeux du plus jeunes étaient inondés par des larmes qui coulaient sur son visage. Il pleurait… Et Viktor sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Jamais il n’avait vu Yuri dans un tel état de détresse. Ses yeux larmoyants étaient le reflet d’une tristesse infinie et puissante. Est-ce lui qui le mettait dans cet état ? Est-ce cette fameuse chose qu’il avait oublié ?

-Je sais que tu ne t’en souviens pas... Mais après le banquet du Grand Prix l’année dernière... Tu n’es pas directement rentré dans ta chambre...tu as fait un détour par la mienne...


De nouveau les sourcils de Viktor se fronçaient. L’année dernière après le banquet…. La chambre de Viktor se trouvait juste en face de celle de Yuri. Aidé par l’alcool, il s’était sans doute trompé de porte. Rien de bien grave en somme.

-Tu es resté un moment à me câliner comme un nounours...en disant que j’étais un petit chaton... Jusqu’à... Jusqu’à ce que tu m’embrasse... Je t’avoue que j’ai pas trop compris au début, mais je me suis laisser faire... J’me suis senti tellement bien, j’avais enfin l’impression que tu m’avais compris...

Le cerveau de Viktor semblait s’être soudainement engourdi. Il fonctionnait au ralenti. Il analysait chacun des mots du jeune garçon cherchant à y déceler où était la vérité et où était le mensonge. Il ne se rappelait de rien. Rien de tout ça. Pourquoi aurait-il été dans la chambre de Yuri pour le prendre dans les bras ? Et l’embrasser ? Impossible ! Viktor avait toujours vu son cadet comme un petit frère qu’il voulait protéger et aider !

«  Que tu m’avais compris », venait de dire Yuri. Mais compris quoi ? Est-ce qu’il attendait ce baiser ? Et ce que ça voulait dire que les sentiments de Yuri à son égard dépassaient de loin l’admiration du patineur qu’il était ?

-Et la suite est allée beaucoup trop vite... J’ai à peine eu le temps de réagir qu’on était déjà en train de se donner l’un a l’autre... On était deux à être ivre ce soir là... toi de champagne et moi d’amour...

Les yeux de Viktor s’écarquillèrent. Ils avaient quoi ??? Se donner l’un a l’autre ? Viktor et Yuri ? Ils auraient ? Non ! Impossible ! Le regard de Viktor se fit plus sévère alors qu’il repoussa Yuri sans ménagement. Pourquoi est-ce qu’il avait inventé toute cette histoire rocambolesque ! N’importe quoi ! C’était déjà suffisamment difficile pour lui actuellement. Yuri ne voyait-il pas l’image négative que Viktor avait de lui-même ? Il ne se voyait plus que comme un être abjecte, affreusement incapable et immonde aux yeux de tous.

«  Tais toi ! Tu racontes n’importe quoi ! Tu te rends compte une seule seconde de ce que tu es en train de dire ? De ce que tu es en train de m’accuser ? J’ai douze ans de plus que toi Yuri ! Tu es un gosse, un enfant ! Tu sais ce que ca veux dire ? Si on fait quelque chose ensemble, c’est un allé simple par la case prison pour moi ! Alors arrête un peu de raconter n’importe quoi !!!  »

On aurait pu compter sur les doigts d’une seule main les rares fois où Viktor se mettait réellement en colère. Et là, ça en faisait parti. Comment Yuri pouvait-il lui dire ces horreurs ? Coucher ensemble ? Mais ça faisait de lui un pédophile ! Il aurait pu être condamné pour ca ! Pire ! Est-ce qu’il était en train d’insinuer que Viktor était venu dans sa chambre et l’aurait forcé à faire des choses sans son consentement réel ? Oh mon dieu non…. Viktor se passa la main sur le visage et dans les cheveux. Il était nerveux, il refusait d’entendre ce que Yuri venait de lui dire.

« Tu crois qu’en me faisant croire qu’on a couché ensemble je vais revenir vers toi pour t’entrainer ? Tu me claque ça pour que je ne t’abandonne pas ? Ou pire, pour me faire passer pour un type encore plus dégueulasse que je ne le suis déjà ? »


Tout tournait trop vite dans la tête de Viktor. Il se dépêcha de rejoindre le rebord de la patinoire. Il voulait partir, vite, loin, là où plus personne ne le retrouverait pour le tourmenter. Fallait-il être vraiment stupide pour songer qu’il aurait pu compter sur le soutient de Yuri dans cette épreuve douloureuse. Au lieu de ça, le jeune homme venait de l’enterrer encore plus, anéantissant ce qui lui restait d’espoir de se sortir un jour de cette spirale destructrice qui le maintenait au fond du gouffre.

Il avait la nausée. Il avait envie de vomir. L’estomac au bord des lèvres, Viktor se précipita vers le rebord de la patinoire. Sa main tremblante fit tomber par inadvertance sa tasse de café qui se brisa sur la glace, rependant le reste du liquide brun sur la surface lisse et blanche de la patinoire. Mais Viktor ne s’en soucia pas. Avec des gestes mal habiles et nerveux, il entreprit de retirer ses lacets avant de balancer ses patins. Uniquement chaussé de ses chaussettes, il se mit à courir en direction des toilettes. Il poussa vivement la porte du premier qu’il trouva et se laissa tomber à genoux devant la cuvette dans laquelle il rendit le peu que son estomac contenait.

Lui et Yurio, c’était impossible n’est-ce pas ?

Yuri était…. Il était la grâce incarnée. Il était la beauté. Malgré est airs renfrognés, Yuri était encore un enfant, qu’il le veuille ou non. Il avait encore cette pureté et cette innocence qu’il s’appliquait à cacher minutieusement derrière ses remarques acerbes et ses phrases piquantes. Et Viktor l’aurait sali ? Il l’aurait à tout jamais entaché ?

Qu’est ce qui s’était passé à ce fameux banquet ? Il se souvenait parfaitement de Yuri Katsuki. Il se rappelait l’avoir vu comme jamais. Il était saoul et il avait dansé avec Yurio, il avait dansé sur une barre métallique avec Chris. Yuri était venu vers lui pour s’amuser…  Viktor se rappelait parfaitement de tout. Celestino avait ensuite reconduit Yuri jusqu’à sa chambre et le banquet s’était poursuivi encore pendant quelques heures durant lesquelles Chris semblait mettre un point d’honneur à ne jamais voir la coupe de Viktor vide. Cette dernière semblait se remplir de champagne aussi vite qu’il la vidait…

Il avait beau essayer de se souvenir, rien ne venait… Il ne se rappelait pas comment il était retourné dans sa chambre. Seul ? Accompagné ? Il ne se rappelait pas plus d’avoir franchi la porte de celle de Yurio. Il ne se souvenait pas de l’avoir enlacé, de l’avoir embrassé, de l’avoir… aimé….

Un nouveau haut le cœur l’obligea à se pencher au-dessus de la cuvette. C’est son propre comportement qui le faisait vomir à ce point. Il se haïssait. Il se détestait. Il ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir si Yurio disait la vérité…

Il prenait soudainement conscience qu’il avait abandonné lâchement Yurio sur la patinoire. Il avait fuie, laissant le plus jeune désemparé avec ses larmes. Yuri Plisetsky en pleurs…. Le cœur de Viktor se serra. Il n’était pas du genre à inventer toute une histoire pour servir ses intérêts personnels. S’il lui avait raconté tout cela, avec une telle tristesse dans le regard, c’est qu’il s’agissait de la vérité…. Et que ça lui plaise ou non Viktor n’avait plus d’autres choix que de l’accepter.

Ne voulant pas passer pour plus salaud et dégueulasse qu’il ne l’était déjà, Viktor se redressa. Des sueurs froides parcouraient tout son corps. Il alla se rincer la bouche plusieurs fois au robinet avant de sortir des toilettes. Yurio était toujours sur la glace et le voir ainsi brisait encore davantage le cœur de Viktor. Sans réellement réfléchir, ce dernier se rendit au centre de la patinoire. Ses pieds emmitouflés dans de simples chaussettes épaisses avaient un peu plus froid à chaque pas qu’il faisait sur la glace. Il n’avait pas pris le temps de chausser ses patins et il s’en fichait éperdument. Il rejoignit Yuri qu’il regarda une fraction de seconde avant de le prendre dans les bras. Il le sera contre lui, posa sa tête sur son épaule et laissant ses larmes ravager son visage

« Je te demande pardon… Pardon pour ce que j’ai fait… pardon pour ne pas m’en rappeler…. Pour t’avoir abandonné… pour n’avoir pas été capable de te croire…. »

Ses mains se serrèrent un peu plus sur le corps frêle de l’adolescent

« Pardon … pour n’être pas capable… de te rendre l’amour que tu me portes…. »



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MessageSujet: Re: Froides retrouvailles   Dim 26 Fév - 16:21

Froides retrouvailles
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Yuri n’avait pas réfléchi.

Il gardait ce secret depuis un peu plus d’un an maintenant, un lourd fardeau qu’il avait décidé de porter jusqu’à sa mort. Mais moment de faiblesse en cette froide matinée, il avait fini par lâcher le morceau sans penser aux conséquences.

Du moins, il avait déjà réfléchis à la question avant, se faisant mille scénarios sur la façon dont Viktor allait hypothétiquement prendre la nouvelle, tantôt sa réaction était bonne, dans ses rêves les plus fous. Tantôt cette réaction était moins bonne... Mais jamais, O grand jamais il n’avait pensé que le russe puisse réagir de cette façon là...

Yurio n’était pas un menteur, au contraire, il disait sans remord la plus horrible des vérités à tout le monde, c’était même souvent déroutant pour les gens d’être ainsi confronter aux choses qu’ils n’avaient pas forcément envie d’entendre, et encore moins de cette façon.

La seule exception à cette écrasante franchise dont il faisait preuve était celle de ses sentiments qu’il s’évertuait à cacher, notamment vis-à-vis des personnes qui comptent pour lui. Autant s’il vous déteste il ne se gênera pas pour vous le faire comprendre clairement, autant s’il vous aime, vous aller croire qu’il vous déteste foncièrement. Et encore plus devant les autres. C’était une façon comme une autre de protéger son cœur... Une méthode totalement inefficace vu l’état dans lequel Viktor venait de le mettre...

-Tais toi ! Tu racontes n’importe quoi ! Tu te rends compte une seule seconde de ce que tu es en train de dire ? De ce que tu es en train de m’accuser ? J’ai douze ans de plus que toi Yuri ! Tu es un gosse, un enfant ! Tu sais ce que ca veux dire ? Si on fait quelque chose ensemble, c’est un allé simple par la case prison pour moi ! Alors arrête un peu de raconter n’importe quoi !!!

Yurio ne savait même pas quoi faire, finalement il ne faisait rien, il n’arrivait pas de toute façon. Ses membres refusaient de bouger et sa bouge de parler. Il se contentait de fixer son vis-à-vis avec des yeux effarés par ce qu’il entendait. Viktor ne le croyait pas. Pire, il réfutait purement et simplement cette idée, comme si une telle chose était impossible, il s’énervait, lui d’habitude si calme et paisible.

Le blond en était arrivé au stade où ça faisait tellement mal qu’il sentait à peine la douleur. Comme lorsqu’on arrête de sentir nos membres dans un état d’hypothermie avancée, là, c’était son cœur, il avait été congelé sur place, au beau milieu de la glace.

-Tu crois qu’en me faisant croire qu’on a couché ensemble je vais revenir vers toi pour t’entrainer ? Tu me claque ça pour que je ne t’abandonne pas ? Ou pire, pour me faire passer pour un type encore plus dégueulasse que je ne le suis déjà ?

En entendant ça, Yuri avait l’impression que ses oreilles brulaient. A aucun moment il n’avait pensé à ça, il n’avait même pas réfléchis lorsque les mots étaient sortis, mais il aurait sans doute du le faire vu la situation. Il n’y avait pas d’arrière-pensées dans ses propos, et le fait que Viktor le pense aussi calculateur et opportuniste lui faisait d’autant plus mal, comme si son dégout clairement visible n’était pas assez. Allait-il arrêter de surenchérir dans la douleur ?

Visiblement pas.

Le russe aux cheveux d’argent quitta celui aux cheveux d’or pour courir hors de la patinoire, il ne fallait pas être idiot pour deviner à son teint blafard qu’il allait aux toilettes pour vomir. Alors c’était ça... l’idée même de coucher avec Yuri lui donnait la nausée ? Le jeune patineur était si dégoutant ? Leurs deux corps l’un contre l’autre ne lui aspirait donc que de la répugnance ?

Yuri se sentait si sale d’un coup, si humilier. Ecœuré de lui-même.

Il avait envie de s’arracher la peau, cette peau que Viktor avait touché, qu’il avait embrassé, qu’il avait aimé pendant toute une soirée. Il voulait se faire mal, que sa douleur physique soit aussi puissante que celle dans son cœur. Que pourrait-il faire pour que ce soit le cas ? Même faire passer les lames de ses patins sur tout son corps ne serait pas suffisant.

Le choc de la réaction passé, le blond sentit les larmes inonder à nouveau ses yeux et il se laissa tomber à genoux au sol, les jambes tremblantes et l’âme brisée. Le doux visage de l’ange était déchiré par les sanglots, il aurait aimé crier mais rien ne sortait, il n’arrivait qu’à geindre piteusement en mouillant ses joues de perles salées.

Il en était certain, de cette soirée Viktor n’avait retenu la présence que d’un seul Yuri, le japonais. Il avait attiré toute son attention. Peut-être même que c’était son image qui inondait l’esprit du patineur lorsqu’il était avec son homonyme russe.

Pourquoi ce souvenir qui lui était si précieux devait lui faire aussi mal ? Comment quelque chose d’aussi beau pouvait dégouter à ce point l’un de ses acteurs ? Pourquoi Viktor piétinait-il a ce point le cœur du blond ?

De longues minutes passèrent sans que Yuri ne réussisse à faire autre chose que pleurer, ses sanglots faisant trembler tout son corps fin et fragile. Mais petit à petit, ses larmes se calmèrent, ne laissant qu’un sillon salé et presque sec sur ses joues. La tristesse était toujours aussi présente, mais son corps n’avait plus la force de le montrer.

Yuri se redressa donc et commença à errer au milieu de la piste comme un fantôme, l’esprit noyé dans ses souvenirs qui lui faisaient autrefois tant de bien. Lui qui pensait avoir vécu rien qu’une nuit d’amour avec l’homme qu’il aime, ce n’était maintenant plus qu’un tas d’abjects souvenirs qu’il aimerait oublier.

Cette fois, même le patin n’y changerait rien, il était bon pour déprimer sous sa couette pendant des jours, il allait sans doute s’engouffrer des tonnes de gaufres ou de glace comme dans les séries télé. Ou juste ne rien faire et se lamenter sur son sors. Même si cela n’y changerait rien.

Il sentit son cœur se serrer lorsque Viktor revint au milieu de la glace avec seulement ses chaussettes. Il allait avoir froid aux pieds, ce crétin. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque ce dernier le pris dans ses bras, c’est vrai, cela ne le dégoutait pas il y a quelques minutes ?

Et puis...il pleurait la...non ?

-Je te demande pardon… Pardon pour ce que j’ai fait… pardon pour ne pas m’en rappeler…. Pour t’avoir abandonné… pour n’avoir pas été capable de te croire… Pardon … pour n’être pas capable… de te rendre l’amour que tu me portes…

Un soupir passa les lèvres de l’adolescent. Même avec toute la force du monde, il n’arrivait pas à être méchant avec Viktor dans cet état contre lui. Il aurait aimé pourtant, histoire de lui rendre la pareil, de lui faire aussi mal que ce qu’il subissait actuellement.

-Je me suis fait une raison tu sais... Tu n’as pas à être désolé...

C’est vrai, il l’avait si bien dit, il n’avait que 15 ans, c’était impossible entre eux, même avec de la bonne volonté. Et puis il y avait Yuri, qui lui avait réussi là où le jeune blond avait échoué.

-Je te déteste... tellement fort... Mais je me déteste aussi... Parce que malgré ça...je t’aime quand même. J’arrive pas...à comprendre pourquoi tu me fais ressentir tout ça... Pourquoi j’arrive pas à me contrôler près de toi... Pourquoi je te veux alors que tu me fais si mal...

Ce n’étaient pas des mots agréables à dire, mais ils étaient tellement toxiques lorsqu’ils restaient à l’intérieur de lui que Yuri se devait de les faire sortir, enfin, après tant de temps.

-Je ressens trop de choses vis-à-vis de toi, j’arrive pas à le gérer... Je sais pas comment faire ni comment réagir... J’ai envie de rester à tes côtés mais en même temps j’ai envie de te frapper quand t’es dans mon champ de vision... J’en ai marre, ça me fatigue tout ça...

A son tour, Yuri se reposa sur Viktor, s’accrochant à ses épaules pour se soutenir. Il était fatigué d’avoir pleuré, d’avoir ressenti trop de choses d’un coup. Il était tellement fatigué qu’il n’arrivait plus à maintenir la carapace qu’il s’était forgé pour le protéger.

-J’ai envie que tu m’aime, comme tu aimes Yuri... Mais en même temps j’ai envie que tu me vois différemment... Je veux que tu m’admire... Que tu reconnaisses que j’existe... Je veux être important pour toi, même si c’est pour de mauvaises raisons... mais j’ai besoin de sentir que j’existe pour toi...



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